L’IMPÉRATRICE, SARA
l’impér.Atrice. Et maintenant, femme,
qui t’a fait agir?
SARA. Le besoin de sauver mon fils.
L'impér.atrice. Ton fils! Lui !..
SARA. Je le prouverai.
l’impératrice. Ah ! tu as les papiers de Stroiias.
S.ARA. Pcut-Êlnî.
l'iUPÉR.ATHICE. Eh! bien) écoute. Ces papiers sont lout-puissans contre moi, mais ils ne peuvent rien pour Alanuel II a tenté démettre siirsa tête la couronne impériale, et c’est un crime de lésc-majesté.
S.ARA. Mon fils ne savait rien.
l’impér.atrice. Qui le prouve? D’ailleurs, son nom servait de prétexte aux factieux ; n’est-ce pas assez pour le faire coupable de haute trahison? Que la folle action ait été dictée par Strozzas, qu’elle soit le résultat de ton amour ou de tes craintes, clic a tout arrêté, et, par cela seul, elle nous perd tous deux: moi, pour avoir trompé l’empereur. Manuel pour l’avoir fait trembler. Notre po.sition est la même , le danger le même. Il rc.sic encore un moyen de salut, et je l’apporte; mais, écoule bien : il n’y en a qu’un. La foule n’a pas quitté la place ; le parti qui voulait proclamer Manuel est là, en armes comme tantôt. Ce peuple remuant a besoin d’une révolte. Les chefs sont prévenus, tout est prêt encore. Slontre-toi à la porte de l’église ; dés.ivoue tes premières paroles ; accuse-toi de folie. Quelqiie.s-iins le croiront , le plus grand nombre feindra de te croire; et dés que Manuel descendra les degrés, de toutes parts on le saluera du cri de vive rempereur iManucl!.. qu'il régne!., et demain l’Orient obéira à im nouveau maître. Allons! nous n’avons que quelques minutes... décide-toi.
SARA. Que je remette en les mains le sort de mon fils et le mien? Non! Ou *i ton projet ii’cst pas nn piège, que je jette cet enfant au milieu des poignards qui peuvent l’atteindre, dans une cnnjuralion criminelle, car elle peut coûter la lie à l’cmpcrcur; hasardeuse, car rien ne répond du succès? Non. Manuel est coupable de lése-rnajcslé , dis-tu? quel asile plus sûr pour lui que cclui-ei? dans les bras de sa mère et sous la garde de Dieu.
L’IMPÉR.ATRICE. Mais ici il reste coupable : tu ne comprend» donc pas?., cl demain la victoire l'eût absous. Cet asile?
eh! cet asile... U faudra toujours en sortir.
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