‹ L'impératrice et la juive drame en cinq actes et en proseChapitre 50 sur 57 · L’IMPÉRATRICE, SARA · texte numérisé non relu

L’IMPÉRATRICE, SARA

l’impér.Atrice. Et maintenant, femme,

qui t’a fait agir?

SARA. Le besoin de sauver mon fils.

L'impér.atrice. Ton fils! Lui !..

SARA. Je le prouverai.

l’impératrice. Ah ! tu as les papiers de Stroiias.

S.ARA. Pcut-Êlnî.

l'iUPÉR.ATHICE. Eh! bien) écoute. Ces papiers sont lout-puissans contre moi, mais ils ne peuvent rien pour Alanuel II a tenté démettre siirsa tête la couronne impériale, et c’est un crime de lésc-majesté.

S.ARA. Mon fils ne savait rien.

l’impér.atrice. Qui le prouve? D’ailleurs, son nom servait de prétexte aux factieux ; n’est-ce pas assez pour le faire coupable de haute trahison? Que la folle action ait été dictée par Strozzas, qu’elle soit le résultat de ton amour ou de tes craintes, clic a tout arrêté, et, par cela seul, elle nous perd tous deux: moi, pour avoir trompé l’empereur. Manuel pour l’avoir fait trembler. Notre po.sition est la même , le danger le même. Il rc.sic encore un moyen de salut, et je l’apporte; mais, écoule bien : il n’y en a qu’un. La foule n’a pas quitté la place ; le parti qui voulait proclamer Manuel est là, en armes comme tantôt. Ce peuple remuant a besoin d’une révolte. Les chefs sont prévenus, tout est prêt encore. Slontre-toi à la porte de l’église ; dés.ivoue tes premières paroles ; accuse-toi de folie. Quelqiie.s-iins le croiront , le plus grand nombre feindra de te croire; et dés que Manuel descendra les degrés, de toutes parts on le saluera du cri de vive rempereur iManucl!.. qu'il régne!., et demain l’Orient obéira à im nouveau maître. Allons! nous n’avons que quelques minutes... décide-toi.

SARA. Que je remette en les mains le sort de mon fils et le mien? Non! Ou *i ton projet ii’cst pas nn piège, que je jette cet enfant au milieu des poignards qui peuvent l’atteindre, dans une cnnjuralion criminelle, car elle peut coûter la lie à l’cmpcrcur; hasardeuse, car rien ne répond du succès? Non. Manuel est coupable de lése-rnajcslé , dis-tu? quel asile plus sûr pour lui que cclui-ei? dans les bras de sa mère et sous la garde de Dieu.

L’IMPÉR.ATRICE. Mais ici il reste coupable : tu ne comprend» donc pas?., cl demain la victoire l'eût absous. Cet asile?

eh! cet asile... U faudra toujours en sortir.

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