‹ L'impératrice et la juive drame en cinq actes et en proseChapitre 55 sur 57 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

L’EMPEREUR, L’IMPÉRATRICE, OlTiciers.

L EMPEREcn. On me trompe, Zoé ; on .se joue de mes menaces ; niai.s, retiens bien l'avis que je te donne : veille sur tes actions, sur celles du jeune auguste, car mes regards ne vous quitteront ni l’un ni l’autre, et au premier soupçon, oti ne m’abusera plus.

l’impératrice. Eli ! quoi ! césar, n’estre pas assez de m’avoir forcée à me justifier, sans que tu me eondamnes encore pour le reste de mes jours à une anxiété de tous les mornens? Je ne puis répondre, moi, qu’on n’inlerprélera pas mes paroles, qu’on ne noircira pas ma conduite Je n'avais qu’un refuge contre la calomnie , le cœur de mon époux : et il m’est fermé désormais. Qu’est devenu le temps où Zoé y régnait sans partage et sans crainte? Elle t’est suspecte aujourd'hui; et cependant scs actions sont les mêmes, sa tendresse la même, .son intérêt le même. Rien n’e.st changé pour elle. Rang, puissance, fortune vous .sont toujours rommiins ronime autrefois. Mais il y a quatorze ans que cela est ainsi, et on .se lasse d’un amour de quatorze ans, voilà tout. Quant à ton fils, césar...

On entend nn bniil qni gronil an dehors.

L’EMPERECR. Écoute!..

l’impér atrice. Des cris sur la place.

Le» cri» détiennent plu» distincts.

L’EMPEREl'B. Vive Manuel !.. encore !

I. IMPÉRATIIICE, à elle-même. Ah! je n’ai i>u les prévenir! Manuel descend les degrés (le .Ste-Sophic, et ils obéissent à l’ordre que j’avais donné.

l'emperei r. Manuel! toujours Manuel!

l'iaipér.atrice Lais.c-moi sortir, laisse-moi parler à cette multitude.

L’EMPEIIELR. As-lii donc des infellinen.

CCS parmi elle ?

L’IMPÉRATRICE. Non... non... mais ma présence peut-être...

L’EMPEREliR. Elle ne pouvait ricu ce malin , m’as-tn dit.

L’impératrice. C’est vrai... c’est vr,:

L’empereir. Une révolte! sou, me:

îerr,:;i à l’em-

peninn"""'"''’ '---Mui

LEMPerelr. Mais écoute donc! Mort 1 empereur! entend., -tu? t“Ort a

L’impératrice. Oui., oui el’empereur. C’est Manuel’ nnbT,' dament, c’est à son nom qu’i ,1“ P'''’-

Pric-mot donc pour lui encore

LB MlG.tSm TnâATfiAL.

doublent! Ah! s'ilü triomphaient au moins!

L’EMPEREtn. illanurll un rival ! toujours à mes côtés, toujours redoutable, et que cette foule saluera ainsi dés qu’il paraîtra ! L’iUPÉItATRlCE. Mais que devenir?

l’eupereir. Non , c'est trop de deux niaitres pour un seul empire. {Les cris de mort (I l’empereur détiennent plus riotens.) Ail! de toutes parts maintenant! .ügidiiis, à moi I

l’impératrice. Que vas-tu faire ?

l’emperecr, à Ægidi’ts. Ce peuple demande la t£lc de l’empereur ; jctte-lui celle de l’auguste.

L'IMPÉR.ATRICE. César.. .césar, ton.fils!

L'EMPEREIR. Sa mort ou la mienne ; b éis.

/Kgidiut lort.

l’impératrice, à part. £t Sara qui est là, qui va m’accuser, mon Dieu!

L'empereur. Peuple rebelle, les cris cesseront tout-à-l’lieurc.

l’impér.ATRICE. Non : ton ordre est un crime. Rcvoque-lc. Tu le peux cncoic.

l’empereur. Tu défends un perûdc ?

L’IMPÉR.ATRICE. Un enfant, ton fils et le mien. Ok ! laisse-toi fléchir!

L’EMPEREUR. Nc l’espère pas.

l’impératrice. Ægidius n’est pas loin.

Un mot le rappellera.f/ ndiquant les officieft quisont td.) Tiensl vois... ils l’attendent.

l’empereur. Vain espoir!

l’iupÉr.atriCE, aux officiers. Allez!., l’empereur le permet.

l’empereur. Que personne de vous nc sorte.

l’impér.ATRICE. Eh bien! c’est donc à moi d y courir.

11 se fait tout-a coup un profoud silcocc au dehors.

l’empereur, d’un ton morne . 11 n’est jdus temps.

l’impératrice. Quel silence !

l’empereur. Je suis obéi.

l’impératrice , d part. Et Sara ! Sara !

[llaut.) Viens! tues vengé !.. quittonscette église.

l’empereur. Oui... oui... Manuel!..

l’impératrice , cherchant d l'entrainer du cité opposé d celui par lequel Ægidius estsorti. Par ici! de ce côté!., qui te retient?.. viens donc!

S \ RK , dans ta coulisse . Mon fils! mon fils! L’impÉR.ATR1CE. Malheur! la voilai

SCEÎSE \II.

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