‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 12 sur 105 · DES AUTRES TÉMOIGNAGES SUR THÉODORA · texte numérisé non relu

DES AUTRES TÉMOIGNAGES SUR THÉODORA

Mais, dira-t-on, ces témoignages que vous niez et qui corroborent VHistoire secrète, ils existent; Alemanni a pris soin de les réunir, de les mettre en lumière. Qu'il ait ramassé des textes à l'appui de sa thèse, je ne le conteste pas. Mais il s'agit de savoir ce qu'ils valent et ce qu'ils prouvent. Il arrive souvent que, pour défendre une opinion ou une doctrine, on tire de livres sans aucun rap-

port avec le sujet que l'on traite des citations tronquées qui, adaptées avec adresse au raisonnement, servent à démontrer une proposition et qui, par une adaptation différente, pourraient démontrer le contraire. De plus, lorsque Ton soutient la véracité d'un historien, on est assez porté à invoquer tous ceux qui ont pensé, qui ont parlé comme lui, sans distinguer entre eux et sans se demander s'ils ont une autorité propre. On ne se souvient pas toujours que, lorsqu'on produit des témoins, il faut tenir compte non seulement de leur caractère et de leur valeur intellectuelle, mais du parti auquel ils ont appartenu, de leur religion, du temps où ils ont vécu et de leur nationalité. Quand on a tout pesé avec soin, on voit qu'ils ne méritent pas tous la même confiance; et on leur en accorde d'autant plus qu'ils ont moins péché par ignorance ou par passion. A ce compte, Alemanni

avait-il le droit, pour corroborer Procope, de faire appel à Baronius, dont j*ai montré plus haut Textrême malveillance à l'égard de de Théodora ? Qu'est-ce que Baronius avait, du reste, ajouté de neuf aux livres qui, avant ses Annales^ avaient fait connaître Théodora ? Absolument rien. Quant aux historiens byzantins, Alemanni cite souvent Zonaras et Georges Cédrénus; mais le premier ' n'a écrit ses Annales qu'au douzième siècle et je ne sache pas qu'en ce qui regarde Justinien et Théodora on y trouve rien qui n'ait été dit longtemps avant lui; le second vivait à peu près à la même époque ^ et on peut faire la même remarque sur ses Chroniques^ servile imitation de Théophane et monument de cré-

1. Jean Zonaras mourut vers ii3o; il avait occupé, sous Alexis I", d'assez hauts emplois; il les résigna sous Jean II et entra comme moine dans un des couvents du mont Athos. Sa Chronique va du commencement du monde à Pan 1118.

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