‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 13 sur 105 · Un peu plus tôt; sa Chronique finit à Tan loSg · texte numérisé non relu

Un peu plus tôt; sa Chronique finit à Tan loSg

dulité plutôt que de sagacité. La Chronogra^ phie de Théophane% qui est du huitième siècle, n'échappe pas à ces reproches. Alemanni, qui invoque si fréquemment ce dernier auteur, ne fait pas assez remarquer qu'en bien des endroits il confond et brouille les époques. On peut en outre admettre que ce chroniqueur n'a pas toujours écrit avec assez de soin, ni d'équité. On sait que les discordes ecclésiastiques de son temps remplirent et troublèrent sa vie. Il est à croire qu'elles ne lui laissèrent guère le repos et le sang-froid qu'exigent des recherches historiques. Anas-

I. Saint Théophane, VIsaurien, néenySS, mortenSiS. Il était de famille riche et noble. Mais il entra de bonne heure dans la vie monastique. Il fut abbé de Mégalagre, en Mysie, et combattit violemment les Iconoclastes; ce qui lui valut, sous l'empereur Léon IV, favorable à cette secte, d'être relégué dans Pîle de Samothrace, où il mourut. Comme historien, il continua la Oironographie de son ami Georges Syncelle, de 277 à §11. Il montre, en général, dans cet ouvrage, moins de sens critique que de crédulité.

tase le Bibliothécaire', bien qu'il n'ait écrit que vers la fin du neuvième siècle, mérite, à mon sens, plus de confiance. Beaucoup de traits nouveaux ont été ajoutés par lui, dans ses biographies des papes, à l'histoire de Justinien et de Théodora. Mais sa chronologie est aussi bien fautive et ses récits sont trop souvent en désaccord évident avec la vérité.

J'ajoute que les passages de son livre sur lesquels Alemanni s'appuie pour incriminer Théodora sont justement (on le verra plus bas) ceux que l'on pourrait produire à la décnarge de cette impératrice. — Quant aux écrivains du sixième siècle qui ont traité de

I. Cet auteur, qui mourut probablement vers 886, a vécu près de plusieurs papes et a bien connu leur politique. Il était cardinal depuis 848. Il fut, à une certaine époque, chargé d'une mission politique à Gonstantinople. On sait qu'il assista au concile où fut condamné Photius. C'était un homme fort instruit et un écrivain laborieux. C'est à lui qu'on attribue le recueil des Vies des papes {Vitœ pontiflcum a Petro usque ad Nicolaum I) connu sous le titre de Liber pontificalis . — M. Duchesne,

notre sujet, ils ont sans doute à mes yeux beaucoup plus d'autorité que les autres et c'est à eux que je m'attacherai de préférence dans la suite de cette discussion. Il ne faut cependant pas les croire toujours sur parole et sans examen. La plupart étaient animés à à regard de Justinien et de sa femme d'une haine ou tout au moins d'une malveillance qui doit nous les rendre suspects. Qu'il suffise de citer Cyrille de Scythopolisi, qui, en écrivant la vie de saint Sabas, partageait, à n'en pas douter, l'animosité de ce dernier contre l'impératrice^ ; Libératus le Diacre^,

dans sa remarquable étude sur \c Liber pontijicalîs (Psiris, 1877), regarde Anastase comme étranger à la rédaction de cet ouvrage. Mais il ne conteste pas l'ancienneté du livre.

1. Ce cénobite célèbre s'attacha, dès Tâge de seize ans, à saint Sabas, fondateur d'un grand nombre de couvents en Palestine. Il écrivit diverses biographies de saints et notamment celle de son maître, qui est un document important pour l'histoire religieuse du sixième siècle.

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