Libératus, diacre de Garthage, fut envoyé plusieurs
Facundus d^Hermia » et Victor de Tunes *, qui firent une si vive opposition à l'empereur
fois à Rome pour affaires ecclésiastiques. Il y vint notamment en 535, au nom du concile de Carthage. Il avait recueilli en Italie^ à Alexandrie et ailleurs, de nombreux documents sur Phistoire du nestorianisme et de l^eutychianisme. Il s'en servit pour écrire (vers 556), en vingtquatre chapitres, un intéressant Abrégé (Breviarium) de l'hérésie de Nestorius et d'Eutychès, de 424 à 553. Comme Facundus et Victor, il était, sans l'avouer, quelque peu nestorien; aussi prit-il, ainsi que ces deux auteurs, la défense des Trois Chapitres,
1. Facundus, évéque d'Hermia, en Afrique, était à Constantinople, à Tépoque où Justinien s'efforçait d'obtenir du pape Vigile la condamnation des Trois Chapitres. Il fît, sur ce point, la plus vigoureuse opposition à l'empereur. Il refusa, même plus tard, de se soumettre au concile de Constantinople, qui, en 553, avait anathématisé les Trois Chapitres^ et il fut quelque peu persécuté pour cela. Ses trois principaux ouvrages sont : i* Pro defensione trium capitulorum, libri XII; 2' Contra Mo^ cianum liber; 3o Epistola fidei catholicœ in defensione trium capitulorum*
2. Victor de Tunones ou Tunes était aussi un évêque africain. Très attaché aux Trois Chapitres, il fut, pour ce motif, battu, mis en prison en 556, puis interné dans divers monastères. La Chronique, qui lui est attribuée par saint Isidore de Séyille (De Viris illustribus, ch. xxxviii} et qui est très vraisemblablement de lui, allait de la création du monde à l'an 566. La partie qui
INTRODUCTION Sg
dans TafiFaire des Trois Chapitres^. Il faut les consulter et les citer, comme Alemanni, mais avec précaution et en se réservant de les réfuter au besoin. Il n*est guère qu'un témoin qui me paraisse à la fois tout à fait éclairé et tout à fait impartial, c'est Évagre le Scholastique 2, qui fut compatriote et contemporain de Procope, mais qui, s'il le loua et le cita souvent, ne sacrifia pas, comme lui, à la flatterie ou à la haine. Lui seul, peut- être, ne parle de Théodora ni en courtisan ni en détracteur.