‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 15 sur 105 · Sur Évagre le Scholastique, voir plus haut, p · texte numérisé non relu

Sur Évagre le Scholastique, voir plus haut, p

à Théodora, que les notes d'Alemanni présentent une double lacune. D'abord en ce qui touche aux mœurs de cette femme célèbre et aux débordements inouïs que lui attribue VHistoire secrète^ le commentateur n'a produit aucun témoignage à l'appui des incroyables allégations de Procope; il n'en a pu trouver nulle part la confirmation. Et puis, Alemanni me semble avoir totalement négligé (peut-être de parti pris) les documents d'où pouvait résulter la justification de l'impératrice. En effet, sans compter les écrits de Sévère d'Antioche ', de Philo-

I. Sévère, de Sozopolis, enPisidie, célèbre hérésiarque du sixième siècle, qui fut patriarche d'Antioche, de 5 12 à 5 18. Déposé, proscrit à plusieurs reprises, il n'en conserva pas moins dans tout TOriént une grande influence. Il fut, sous Anastase, Justin et Justinien, le chef le plus remarquable de l'eutychianisme. On Pavait surnommé dans son parti la Bouche de tous les docteurs. Il reste encore de lui de nombreux écrits, dont les plus importants se trouvent en entier ou par fragments dans le t. X du Spicilegium romanumj de Maï. — Sur les rapports de

ponus% de Léonce de Byzance*, du pape Pelage^ et d'autres encore qui seront cités plus loin, pourquoi tient-il si peu compte des Actes des conciles ? Il y verrait à quoi doivent

Sévère avec Théodora et Justinien, voir plus loin, p. iSg et suiv.

1. Jean Philoponus, grammairien et philosophe alexandrin, vivait au commencement du septième siècle. Il était partisan de l'hérésie des trithéites, dont il sera question plus loin. Outre d'importants commentaires sur Aristote, il a laissé des Commentaires sur la cosmogonie mosaïque, un traité Contre Procîus sur Véternité du monde, etc.

2. Léonce de Byzance, qu'il ne faut pas confondre avec un historien du même nom qui vivait au dixième siècle, était un écrivain ecclésiastique du commencement du septième siècle. Voir plusieurs fragments de ses ouvrages dans la Bibliotheca Patrum de Galland.

3. Pelage, né à Rome en 495, mort en 56o, fut chargé en 546, par le pape Vigile et Justinien, d'aller déposer Paul, patriarche d'Alexandrie. Élevé au souverain pontificat en 555, il confirma la condamnation des Trois Chapitres portée par le concile de Constantinople en 553 et se vit par suite accusé d'hérésie par les nations chrétiennes d'Occident et surtout par les Francs, qui voyaient dans sa conduite un acte de complaisance pour l'eutychianisme. Il reste de lui seize Épîtres, très intéressantes pour l'étude de l'histoire de l'Église sous Justinien.

42 INTRODUCTrON

se réduire les accusations d'impiété^ de fureur théologique si souvent portées contre Théodora. Enfin n'est-il pas singulier qu'un critique aussi érudit n'ait fait presque aucun emprunt au Corps du droit civil et surtout au livre premier du Code et aux Novelles^ de Justinien ? Ces deux recueils sont indispensables pour juger de la place que tint Théodora dans le gouvernement temporel et spirituel de l'empire. Grâce à eux, on sait à peu près quelle fut la mesure de son influence et aussi quelle en fut la nature.

I. On sait que les Novelles ne sont autre chose que les Constitutions ou Lois nouvelles portées par Justinien postérieurement à la publication du Code (dont l'édition repetitce prcelectionis est de Pan 534). Elles furent presque toutes rédigées d'abord en grec. En 570, Julien^ antécessetir ou professeur de droit à Constantinople, donna un Epitome latin de cent vingt-cinq d'entre elles. Peu après parut une traduction latine in extenso des Novelles, C'est ce qu'on appelle souvent la Vulgate, le Corpus Authenticorum, le Liber Authenticorum ou simplement YAuihenticum. C'est de ce texte que je me servirai dans la suite de ce travail.

C^est en m'appuyant sur ces documents et sur ceux que j'ai précédemment signalés, c'est en observant les règles que je me suis tracées tout à l'heure que je vais soumettre à une revision suivant moi légitime le procès de Théodora. J'espère démontrer ainsi que les arrêts si souvent portés contre elle doivent être sinon tout à fait cassés, du moins singulièrement adoucis.

La jeunesse de Théodora. — Justinien séduit. — Y eut-il opposition de la famille impériale au mariage? — La loi sur les comédiennes. — Sollicitude de Théodora pour les femmes. — Mesures contre la prostitution et le proxénétisme. — Théodora et la question du divorce. — Lois sur Tadultère et politique matrimoniale. — Bienfaisance de Théodora, ses amitiés et ses haines.

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