‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 3 sur 105 · I. T. VII, p · texte numérisé non relu

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fuite cette paix que les confesseurs et les martyrs avaient achetée au prix de leurs sueurs et de leur sang...»

ou EST LA VÉRITÉ?

Sans manquer de respect à Baron ius, on peut bien dire que c'est là le ton d'un polémiste et d'un énergumène plutôt que celui d'un historien. Du reste, quand il eût jugé Théodora plus froidement, je ne crois point qu'il fallût adopter sans examen l'opinion de ce doae écrivain. Pas plus que nous il n'avait vu l'impératrice ; pas plus que nous il n'avait été témoin de sa vie. Quelques textes tronqués et discordants, tirés d'autres auteurs, lui avaient suffi pour dresser ce jugement absolu, conforme du reste à la loi générale qu'il s'était imposée dans ses Annales de glorifier la papauté. Les écrivains qui ont pour ainsi dire

saisi rhistoire au vol, qui Font prise sur le vif, qui nous ont raconté les événements accomplis sous leurs yeux ou dont ils tenaient le récit de leurs contemporains, ne méritent pas sans doute forcément notre confiance. Mais ils en sont plus dignes que ceux qui, après dix siècles, viennent exhumer un passé en poussière, auquel ils ne sauraient rendre la vie. Si donc vous voulez connaître Théodora, son caractère, son influence sur Justinien, enfin son rôle politique et religieux dans Tempire, laissez de côté la plupart des écrivains modernes ; adressez-vous de préférence à ceux qui ont vécu de son temps ou tout au moins sous rimpression encore vive des événements auxquels elle avait été mêlée. C'est le parti que j'ai pris pour mon édification et, par suite, pour celle du lecteur.

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