BIENFAISANCE DE THÉODORA, SES AMITIÉS ET SES HAINES
Avant d'étudier le rôle purement politique de Théodora, j'ajouterai que, depuis son avènement à l'empire, elle ne brilla pas moins par sa bienfaisance et sa sollicitude pour le malheur, que par la dignité de ses mœurs et l'élévation de son caractère. Sa main était toujours ouverte pour donner. Théophane rapporte que la ville d'An-
i . Histoire secrète, ch. xvii.
LA FEMME jb
tioche, presque entièrement détruite par un tremblement de terre en 528, luidut sa reconstruction, son embellissement, sa prospérité nouvelle. Le même auteur parle d'églises, d'hospices, de monastères dotés et enrichis par elle en 532. D'où nous pouvons inférer qu'elle ne fut pas étrangère aux lois nombreuses et bienfaisantes de Justinien sur les hospices, ainsi que sur les religieuses, les esclaves, les paysans, les enfants exposés. Procope parle en divers endroits de sa cruauté, des tortures inouïes infligées par elle à ceux qui avaient le malheur de lui déplaire'. Mais lui seul ou à peu près en fait mention. Il est bien possible que Théodora se soit quelquefois vengée sans mesure de ses ennemis personnels ; mais d'autre part je remarque que c'est au temps de sa plus grande puissance, à l'époque où elle disposait de tout dans l'empire, en 541, que fut portée la Novelle 134, qui adoucissait toutes les peines légales et interdisait la détention des femmes dans les prisons^».