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dons ce mot en Europe, qu'un morceau de continent.
Cette masse continentale est baignée par deux océans et par le golfe du Mexique: elle penche ainsi à la fois vers la vieille Europe, vers le monde tropical des Antilles, vers notre Extrême-Orient. Mais presque nulle part ses côtes ne sont profondément fouillées par le flot, comme celles de la Bretagne, de l'Angleterre, de la Norvège, de la Grèce. C'est seulement dans le «Nord» que de larges estuaires permettent de pénétrer très avant dans les terres ; sur le Pacifique, la « Porte-d'Or » de San-Francisco ouvre seule une vaste rade. La seule péninsule importante est la Floride.
Régions aatureUes et groupes Économiques
Le voyageur qui vient d'Europe, après avoir franchi la zone côtière, doit traverser les Monts - Alieghanies, qui dépassent parendroits 2. ooomètres, Puiss'étenddevantlui, sur plus de 2.000 kilomètres de large, sur près de 4.000 de long, une large et monotone plaine, presque partout semblable à elle-même. Des lacs canadiens au golfe du Mexique c'est la Grande Vallée, arrosée par quelques-unes des plus puissantes rivières du monde; plus à l'Ouest, ce sont les interminables ondulations des Prairiei. Puis se dresse, à plus de 4.000 mètres d'altitude, la muraille des Montagnes Rocheuses. Entre les Rocheuses et la Sierra Nevada se creuse le
Grand Bassin, sorte de plateau en forme de conque d'où les fleuves s'échappent au Nord et au Sud, en s' ouvrant des gorges étroites et profondes à travers d'immenses tables de marbre. Une partie des eaux du Grand Bassin est sans écoulement, et se rassemble dans des nappes salines qui reproduisent, en des proportions gigantesques, les chotts algériens ou la mer Morte palestinienne,. Cette région, en grande partie déserte, est peu à peu rnise en culture par l'irrigation.
Au delà de ia Sierra Nevada, le paysage change encore. A travers des forêts aux arbres colossaux, on arrive à la côte du Pacifique, qui rappelle les « corniclies » de notre Méditerranée ; elle en a les vignes et les oliviers, les figuiers, les citronniers et les orangers.
Combinez ces différentes géographies avec le diraaf. Dites-vous que, du enté de l'Atlantique, un mur d'eau froide s'insinue entre le Courant du Golfe et la rive américaine, tandis que la Californie est visitée par les eaux tièdes du Courant Noir qui vient du Japon. Rappelez-vousque le port de Seattle est à la latitude du Havre et celui de Galveston a la latitude du Caire. Pensez que si le régime des pluies de !a Nouvelle-Angleterre rappelle sensiblement celui de l'Europe, les Prairies ne reçoivent f>as plus d'eau que les steppes russes, et que certaines régions du Grand Bassin ne sont pas mieux partirées que le Sahara, — et vous comprendrez que
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les États-Unis se divisent en régions naturelles très diverses, douées de productions très diffé-
Chez nous, il existe aussi des pays, des unités géc^raphiques bien caractérisées. Mais ces pays sont de médiocre étendue : le calcaire bourguignon voisine avec la craie champenoise et le granit morvandiau, H existe chez nous des terres à blé ou à maïs, mais elles sont entourées par des vignes, des forêts, des prairies : une grande exploitation peut comprendre des échantillons de toutes les cultures. Là-bas, au contraire, la « zone du maïs » couvre un million de kilomètres carrés, où !e maïs et le blé régnent en maîtres. On peut de même dessiner sur une carte, avec des lignes d'une étonnante netteté, les limites de l'Amérique du coton.
On arrive ainsi à distinguer, sur le territoire des Etats, cinq ou six groupes économiques : i" la zone des fermes, correspondant à peu près à la Nouvelle- Angleterre ; en y joignant les Etats de Pennsylvanie et de New-Jersey, on délimite la zone de grande production industrielle; 2" la zone cotonnière, correspondant à peu près à l'ancien Sud ; 3* la zone du maïs et du blé d'hiver, où l'élevage du bétail (bœufs et porcs) est le facteur essentiel de l'existence ; 4" la zone du blé de printemps, le long de la frontière canadienne, pays de mmoteries; 5" la zone de la laine, dans les montagnes Rocheuses et le Grand Bassin ; 6° la zone du Pacifique, qui produit à la fois des bois, des grains et des fruits.
22 LES CAUSES DE L IMPERIALISME AMERICAW
Chacun de ces groupes (caractérisés, sur de très vastes étendues, par un petit nombre de produits uniformes) ne saurait se suffire à lui-même. La section industrielle avec sa population ouvrière très dense, a besoin des blés et des porcs de î'Ouest, des dotons du Sud ; le colon de la Prairie réclame aux grandes villes de l'Est ou du Centre-Ouest des machines agricoles. Si chacune de ces zones avait trouvé chez elle des productions assez variées pour lui permettre de se' passer de ses voisines, il se serait peut-être formé des Etats américains, mais pas à'Ètats-Unis. De leur dépendance réciproque est fait le lien fédéral qui les tient assemblées. La guerre de Sécession et la diversité des productions américaines, la géographie et l'histoire ont également agi pour conserver l'œuvre de 1776.
Influence du milieu physique
Essayons de nous représenter quelle influence ces conditions géographiques ont pu exercer sur l'humanité américaine. Dans un pays où les distances sont énormes — supérieures à celle qui sépare Madrid de Moscou — la notion de l'espace ne peut être la même qu'en Europe. Un voyage de Paris à Marseille est pour nous un long voyage. Le voyageur qui prend l'express à Chicago le samedi à 1 1 heures et demie du soir atteindra San-Francisco à8 heures et demie du matin... le mercredi. Et s'il vient de New-York, il aura déjà, en arrivant à