‹ L'impérialisme anglais, son évolution: Carlyle.--Seeley.--ChamberlainChapitre 5 sur 14 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

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LA JUSTIFICATION PHILOSOPHIQUE DE l'iMPÉRIALISMë d'après CARLTLE.

§ 1 . — La conception carlylienne de « Thérolsme « . — Inégalité des hommes. — Mission et droits du « héros ». ~ En quoi consiste la Traie « liberté » pour les autres hommes.

A côté de ces aperçus, d'une netteté et d'une hardiesse singulières pour Tépoque, sur les avantages économiques et sociaux de l'expansion coloniale, signalons une conception bien caractéristique qui se retrouve h la base de toute l'œuvre de Carlyle, qui est le fondement même de sa philosophie, et nous semble avoir puissamment contribué, si indifférente qu'elle lui paraisse au premier abord, à la naissance, puis à la diffusion de cette « âme impérialiste » que manifeste chaque jour plus clairement Tensemble de la nation anglaise.

Qu'il s'applique à faire revivre, dans la sincérité de leurs détails, les formes, les institutions et les existences du passé, ou qu'il analyse les coutumes, les lois et les consciences du présent, toujours Carlyle s'appuie sur cette conception, ou bien il y aboutit ; car elle est à la fois résultat de ses observations, et principe de ses recherches. Elle tient tout entière dans ce titre d'un de

ses ouvrages: « Les Héros, du Culte des Héros et l'Héroïque dans Thistoire ». Elle est avant tout la négation de cette autre conception érigée en dogme par 1 789 : celle de Tégalité absolue entre les hommes. Pour Carlyle un trait essentiellement distinctifde l'espèce humaine, c'est l'universelle inégalité de ses membres entre eux. L'un à l'autre inégaux parl'intelligence, parla moralité, parla science, par le travail, la puissance de travail, toujours les individus l'ont été, et toujours ils le seront, par la loi fatale de leur nature. Les progrès qu'a pu réaliser l'humanité, elle les doit à un petit nombre seulement de ses enfants ; à ceux dont la pensée pénètre la sphère extérieure des choses et sait découvrir en elles le vrai, l'éternel, le « divin » qui y résident, tandis que les yeux de la masse s arrêtent à leur aspect « temporaire et trivial ». Ces rares privilégiés, participant d'une essence plus élevée et plus pure, que leur génie aidé de leurs vertueux efforts élève au-dessus du vulgaire et l'en distingue, comme Têtre doué de raison se distingue de l'être qui en est privé, Carlyle les salue « du noble titre de Héros » (1). Il voit dans leurs travaux les seules ma-

(i) V. les grandes lignes de celte conception dans l'admirable <* Conférence sur le Héros comme Homme de Lettres » : — <f La divine idée du monde » est partout. — Seuls, les « Héros » c'est-à-dire les Grands Hommes ont su pénétrer l'apparence qui l'enveloppe, et déchiffrer celte idée. Ils ont vu ce que Gœlhe appelait « le secret de TUnivers ». Ils sont de droit les chefs, les pasteurs, les « leaders » de l'humanité, et THistoire du monde n'a d'intérêt qu'autant qu'elle nous permet de revivre leur vie, d'étudier « la réalisation pratique et l'incarnation des pensées^ qui habitèrent en eux. » ~ Ils sont plus que les interprètes

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nifestalions visibles, incontestables, de la « Divinité »en ce monde. En conséquence, il reconnaît à ces hommes, qu'une Providence « obscure, mais infaillible», a voulu supérieurs, une mission et des droits exceptionnels, dont leur supériorité même détermine la nature et retendue. Mission de diriger, gouverner, commander les autres hommes, leurs frères inférieurs ; droit par conséquent d'exiger leur soumission et leur obéissance, d'user s'il le faut de contrainte ; droit, dans l'intérêt même de ceux sur lesquels il s'exerce, despotique et absolu, sans limitation autre que celle des exigences du bien de tous, sans autre contrôle que celui de leur juste conscience de « Héros » (1) I...

de « ridée divine » ; ils en sont u l'Incarnation » même, la seule personnification consciente dans la Nature.

(1) Et si la foule vient se plaindre de se voir ainsi ravir la liberté, en quoi consiste donc, demande Garlyle, pour la généralité des hommes, la véritable liberté ? N'est-elle pas plaisante, cette idée couramment admise (1), « que la liberté d'un homme consiste à fournir son vote aux réunions électorales ; à pouvoir dire : Voyez, maintenant je représente moi aussi un vingt-millième d'orateur dans la flagornerie nationale ; tous les dieux ne vont-ils pas m'élre favorables ? » Quant à ces « deux millions de travailleurs de l'humanité, qui ont un désir passionné, înstinctif,de direction, qui en ont un tel besoin qu'à cette satisfaction leur vie est suspendue » (2), la liberté qu'on leur promet à défaut de cette sollicitude qu'on leur refuse, risque bien de se réduire àla« liberté de mourir d'inanition ». Non, la liberté a besoin de définitions nouvelles, et voici celle que propose Garlyle (3) : La vraie liberté d'un homme consiste à découvrir, à être forcé de découvrir le droit chemin et à le suivre, à apprendre, à se faire enseigner de quelle sorte de travail il est capable ; puis fàt-ce en usant de la permission, de la persuasion ou de

(1) Past and Présent, p. 344.

(1) Past and Présent, p. 345.

(3) Pasi and Présent, p. 334.

^ Z. — Application de Vidée de Carlyle aux rapports entre les races et les nations.

Cette mission directrice, ce droit de commandement et de contrainte que leurs facultés supérieures donnent à certains individus, au sein des sociétés particulières, Carlyle, au nom des in (érèts généraux de la communauté humaine, en investit les races les plus parfaites et les plus civilisées. Il leur reconnaît le droit d'imposer aux races inférieures, incapables de s'élever par elles-mêmes à un degré vraiment humain de culture, les moyens les plus prompts et les plus sûrs pour y parvenir. Celles-ci devront s'estimer heureuses d'être « amenées, poussées » à connaître leur tâche et h l'accomplir ; d'être forcées de trouver et de suivre « le meilleur sentier », la

la force, à se mettre à l'œuTre pour Taccomplir ! C'est là la vraie félicite, rhonneur, la liberté et le maximum de la prospérité : si la liberté n*est pas cela, moi, pour ma part, je me soucie peu de la liberté. Vous ne permettez pas à un homme ostensiblement fou de s'élancer dans un précipice ; vous violentez sa liberté, vous qui avez votre raison ; vous le gardez, fût-ce par des c^amisoles de force, loin des précipices ! Tout homme stupide, lâche ou sot n'est qu'un fou à un degré moins apparent; sa vraie liberté serait qu'un homme plus sensé,que tout homme plus sensé pût, par des colliers d'airain, ou par n'importe quel procédé plus doux ou plus rude, se saisir de lui lorsqu'il s'égarerait du droit chemin, lui ordonner et le contraindre de marcher un peu plus droit. « Oh ! si tu es réellement mon senior, mon seigneur,mon aîné, ancien ou prêtre, si tu es réellement mon supérieur en sagessCy puisse un instinct bienfaisant t'amener el te contraindre à me « conquérir >», à me commander ! Si tu sais mieux que moi ce qui est bien et juste, je t'en conjure au nom de Dieu, force-moi à le faire, dusses-tu employer n'importe quel collier d'airain, fouet ou menottes, ne me laisse pas marcher vers des précipices ! Quand tous les journaux m'appelleraient un « homme

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vraie voie pour chacune d'elles (i): « Car c'est la seule chose qui importe, el ce qui les poussera dans celte voie, cela dût-il se présenter sous Forme de coups de pieds, c'est cela qui est la liberté » (2).

Il se plaît à constater, par le cours de Thisloire, que u la bonté des suprêmes puissances » a généralement doué les races supérieures, — celles chez qui existent ♦* profondes (3) et inconscientes, horreur et répulsion devant la Tolie, lu bassesse, la stupidité, la poltronnerie et toute cette tribu de choses » — a de ces appétits violents, de ces énergies, de ces soi-disant égoïsmes », qui sont un des éléments de leur supériorité et facilitent leur mission. Car ces races ont toujours été conquérantes ; ainsi <* (4) les Romains, les Normands, les Russes, les Indo-anglais; les fondateurs de ce que nous appelons des aristocraties : et en vérité, n'ont-ils pas le plus « divin des droits » à les fonder, étant eux-mêmes, très exactement, les « kptmoi » les plus braves, les meilleurs ; tandis que ce qu'ils conquièrent est généralement une

libre »,cela m'avancera peu si mon pèlerinage se termine par le naufrage et la mort. Oh ! les journaux I que ne m'onl-ils appelé esclave, sot, lâche ou du nom qu'il aurait plu à leurs douces voix de me donner et qu'au lieu d^atteindre à la mort, j'aie atteint à la vie ! »

(1) Past and Présent, p. 343.

(2) Ainsi Carlyle s'est toujours opposé aux abolitionnistes intransigeants. Il justiBe même l'institution et le maintien de l'esclavage, que ce soit celui de l'Irlande, assujettie aux landlords, ou celui des nègres de la Jamaïque, rivés aux plantations tropicales, <« tant que l'esclave et l'Irlandais resteront des brutes ».

(3) Past and Présent, p. 335.

(i)Id,,ibid.

populace en désordre, composée des pires ou tout au moins, d'hommes plus mauvais qu'eux » (1)?

Mais, à Tépoque actuelle, bien des races, bien des nations, pour exercer les droits qu'elle confère, se prétendent appelées à remplir celte « noble mission héroïque ». Qui dira la plus digne? En est-il, que des aptitudes, des travaux, une culture supérieure, désignent naturellement pour la direction, dans le sensdu progrès, de révolution humaine? qui, mieux que toutes autres, saura désigner aux peuples inférieurs la tâche qui leur incombe, etleuren imposer l'accomplissement? et dont la vertu sera assez persuasive pour transformer les sauvages de bonne volonté, et assez virile pour « extirper » s'il le faut, des trop nombreux territoires qui languissent encore sous leur domination stérile, les barbares récalcitrants? Quelle est'celle que sa puissance d'expansion, aidée d'une invincible énergie conquérante, semble prédestiner à peupler la terre de ses fils, à semer partout ses idées, à répandre ses coutumes, ses mœurs, sa lan-

(1) L'idée de Carlyle, qui repose au fond sur le principe de la philosophie allemande « qu'une société n*a un droit plein à son patrimoine que tandis qu'elle peut le garantir », que « ein jeder herrscht, soweit er herrschen kann, und wird behersscht, soweit er behersscht werden muss », a été soutenue en France aussi par bien des esprits marqués de l'empreinte de cette philosophie, par M. Renau entre autres : « La conquête d'un pays de race inférieure par une race supérieure, qui s'y établit pour le gouverner, n*a rien de choquant... Autant les conquêtes entre races égales doivent être bl&mées, autant la régénération de races inférieures ou abâtardies par les races supérieures est dans l'ordre providentiel de l'humanité », La Réforme intellectuel le et morale, p. 93.

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gue, sa liltérature, ses inslitutions et ses lois — en un mot à faire prédominer dans Tunivers sa forme particulière de civilisation ?

Carlyle, dans un chapitre (1) de Past and ^Présent intitulé « TAnglais », examine implicitement les titres divers des prétendants, en même temps qu'il recherche les causes qui peuvent aider les nations européennes à sortir victorieuses de la crise « d'athéisme superstitieux et d'inconsciente anarchie » où il les voit s'agiter. Nous y trouvons condensées, en un raccourci saisissant, des appréciations qui ont cours aujourd'hui encore dans les pays anglo-saxons (2) et dont le temps n'a fait qu'accen tuer, semble-t-il, les tendances souvent dédaigneuses et agressives, toujours aristocratiques et autoritaires.

Au dernier rang des nations susceptibles d'ambitionner une destinée « impériale » Carlyle place les Français. Il les estime peu, tant pour leur amour du changement, la fréquence de leurs révolutions violentes (3) « dont la violence s'accompagne toujours d'injustices », que pour leur légèreté el leur perpétuel babillage (4) : « Vos Français, toujours parlant, toujours gesticulant, que sontils en train de discipliner? iMais de tous les animaux,

(1) Gh. Y du livre III, p. 218 à 261 : Voir aussi le Chapitre intitulé : Deux siècles, p. 262-269.

(2) V. entre autres manirestalions de cet état d'esprit contemporain les discours et opinions du président Roosevelt, réunis sous ce titre : la Vie intense.

(3) Past and Présent, p. 25.

(4) td., p. 249.

celui qui a la plus grande raeullé d'expression, si j'en juge bien, c'est le genre Simia : allez dans les forêts de rinde, disent tous les voyageurs^ et voyez quelle population agile, adroite, jamais en repos, forme cette population singe? » La France lui rappelle ces nombreux « Etats grecs où l'on parlait si mélodieusement, mais qui, leurs flèches de logique épuisées, étaient conquis et détruits. Les flèches de logique (Ao/oo?) art de parler) comme elles déviaient inutiles, quand elles rencontraient les faits inflexibles, à peau dure » ! Tandis

que pour leur puissance lente, persévérante et muette, il apprécie hautement les Russes (1) : (^ Ne sont-ils pas en train de discipliner une immense moitié du monde, semi barbare, malgré bien des critiques, et d'en faire, de la Finlande au Kamtschatka, une civilisation subordonnée, soumise à Tordre? Cela, vraiment, à la vieille façon romaine, sans prononcer un mot là-dessus, écoutant tranquillement parler toutes espèces de rédacteurs compétents qui les blâment » (2). Chez les peuples, comme chez les individus, il estime en effet par dessus tout la puissance de travail patiente, concentrée, silencieuse. A propos du silence lui-même, Carlyle a écrit

(1) Past and Présent, p. 249.

(2) Lord-Roseberry, dans le fameux discours prononcé à Glascow lors de son installation en 1900 comme « Lord-Rector », a reproduit, en termes presque identiques, le jugement de Carlyle : a II est une qualité insigne que j'admire spécialement dans la politique russe. Elle est indifférente à la politique d'un homme ou au cours du temps ; elle avance, comme de son propre mouvement : elle est silencieuse, concentrée, perpétuelle, infrangible. Par suite elle est pleine de succès. »

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dans « Sartor resartus » des pages inspirées. Car (1), i^ dans son élément mystérieux, germent et se coordonnent pour surgir enfin achevées, irrésistible**, au grand jour de la vie qu'elles sont destinées à régir » toutes les hautes pensées et les révolutions fécondes. C'est leur « grandiose silence » qu'il admire d'abord chez les anciens Romains, a qui ne purent parler pendant des siècles, jusqu'à ce que le monde fût à eux. n Et cette qualité, qu'il leur découvre commune, l'amène à comparer à la nation impériale des temps anciens, la race impériale des époques modernes : » Les Agiais sont un peuple muet. Ils peuvent faire de grandes choses, mais non les décrire. Pareils en cela aux anciens Romains, leur poème épique est écrit sur la surface de la terre, en caractères gigantesques et muets — avec des jetées, des manufactures de coton, des chemins de fer, des escadres et des villes ; — des empires indien^ américain, océanien, tous portant la marque de l'Angleterre 1 » Le talent de travailler pendant des siècles, silencieusement, à élever un empire, est leur « talenf fondamental » à tous les deux. Bien avant que lord Beaconsfield eût évoqué devant l'imagination de la Grande-Bretagne l'antique :

Tu regere impe?io populos^ Bomane, mémento^ en lui proposant la devise Imperium et Libertas (2);bien

(1) Cité par Je traducteur de Saster resartus^ M. L. Barthélémy, dans son étude sur Th. Carlyle, p. 176.

(2) Discours célèbre prononcé au banquet du Lord-Maire, 10 décembre 1879.

avant que M. Seeley eut célébré comme son plus beau titre de gloire, et comme le plus remarquable caractère deson développement historique, lacontinuité séculaire, toujours progressive , de son expansion nationale, Carlyle écrivait : « Grand honneur (1) à celui dont l'épopée est une mélodieuse Iliade en hexamètres....! Mais plus grand honneur encore à celui dont Tépopée est un empire puissant, lentement constitué, une puissante série d actions héroïques — une puissante conquête sur le chaos.... On ne peut pas se tromper sur la valeur de cette dernière épopée. Les actions sont plus grandes que les paroles. Les actions ont une vie muette, mais indéniable..., elles peuplent la vacuité du temps, le font verdoyant, lui donnent sa valeur.... »

Sous sa (( platitude apparente *> , la tâche patiemment entreprise et jusqu'ici menée à bien par TAngleterre en ce monde, est donc la plus profondément utile, méritoire et glorieuse (2) ; « La terrible véracité inarticulée du peuple anglais, incapable d^exprimer sa pensée par par des mots, s est tournée silencieusement vers les choses, et les sombres puissances de la nature matérielle ont répondu : « Oui cela du moins est vrai, cela n'est pas faux ! » Ainsi répond la nature : « Les arbrisseaux incultes qui croissaient près des marais des déserts tropicaux sont devenus des cotoniers, et grâce â mes efforts, il en résulte, ici même, des chemises lis-

(1) Past and Présent, p. 254.

(2) Past and Présent^ p. 266.

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sées... J ai permis que des montagnes, vieilles comme la création, fussent percées ;des provisions de combustible bitumineux^ débris des forêts qui furent vertes il y a un million d'années : voilà ce que je vous ai livré, à vous Anglais, vous ouvrant les portes de mes secrètes chambres de roc. Votre flotte colossale, vos navires à vapeur naviguent sur la mer ; les Indes colossales vous obéissent ; des colossales Nouvelle-Angleterre et Australie à TantipodC; le profit etletradc arrivent à ma vieille Angleterre ! » Ainsi répond la nature. Le travail pratique de l'Angleterre n est pas une chimère triviale : c est un fait reconnu par tous les mondes que ne contredira aucun homme. . . » Voici donc, au dire de Carlyle, les prétentions impériales de la race anglo-saxonne confirmées par l'irrécusable témoignage de la nature. Les résultats matériels, visibles à tous les yeux, de son persévérant labeur pratique, les quatre empires immenses essaimes aux quatre points cardinaux, partout ces jalons, solidement implantés déjà, d'une appropriation définitive des continents déserts aux futurs besoins d'une population toujours croissante, tout cela proclame bien haut la supériorité de ses aptitudes, l'efficacité réelle de son action. Elle aura donc, de préférence à toutes ses rivales, le droit et le devoir d'exercer dans l'Univers, avec les prérogatives qui y sont attachées, cette haute mission, que dans les sociétés particulières, l'infaillible Providence départit aux héros.

De cette mission telle que l'entend Carlyle, nous sa-

vons toute l'étendue, et tout l'absolutisme de ce droit. S'il juge la persuasion impuissante, un véritable « Héros » n'hésite pas à employer la contrainte. Si la race inférieure résiste aux conseils, à l'ingestion de l'étranger, la race « impériale », au nom des droits primordiaux de la civilisation et pour le bien général de l'humanité, saura user de sa force, conquérir, absorber, éliminer les éléments récalcitrants! C'est malheureusement une justification possible de bien des empiétements et de bien des agressions. Transposée dans la réalité, l'idéale conception carlylienne de « l'héroïsme » ne servira-t-elle pas trop souvent à excuser l'abus de la force, que l'histoire prouve aussi fréquent que son usage légitime, à enlever à l'indépendance et à la liberté des Etats faibles leur dernière sauvegarde contre l'injuste envie et le brutal égoïsme des puissants ?

1 3. — Influence de cette conception sur Topinion anglaise, d*après quelques exemples récents.

Les événements contemporains ne manquent pas, qui permettent de suivre et d'apprécier les effets qu'a eus sur la mentalité anglaise la généralisation de cette hautaine et ambitieuse conception, si flatteuse pour l'orgueil national ; mais si souple à l'usage, et facilement complaisante aux hypocrisies de l'intérêt!

Chez cette race surnourrie de Bible, que des souvenirs trop présents de la loi de crainte semblent facilement induire à oublier les préceptes de la loi d'amour, elle

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s'est trop souvent traduite d'une façon simple, absolue et violente. Les droits et les privilèges qui appartenaient sur les intidëles au peuple de l'ancienne alliance ont passé, intacts, à son successeur. Le Peuple Elu des temps modernes, inventeur d'une civilisation supérieure et son meilleur ouvrier, en même temps que de la vocation de l'ancien, a hérité de ses pouvoirs « divins ». Les inférieurs insoumis ou rebelles qui repoussent « l'accroissement d'humanité » qu'elle leur offre, TAn- •gleterre les traitera comme Israël traitait le Philistin et l'Amalécite ; comme traitèrent le pays d'Irlande les soldats de ceCrommweLdont Carlyle,qui en a ressuscité, avec sa puissance étonnante de vivification, la physionomie méconnue (1), a fait le « Héros-Type » de la race anglo-saxonne; et dont Macaulay a dit ».... (2) Malheureusement pour iui, il n'eut l'occasion de déployer ses admirables talents militaires que contre les habitants des Iles Britanniques » ! Autre conséquence pratique de la diffusion en Angleterre de celte conception « impériale ». Un territoire neuf, susceptible de défrichement de culture et d'appropriation, un peuple primitif susceptible d'éducation^ ne sauraient en bonne justice tomber entre les mains, subir l'influence d'une race autre que la race anglo-saxonne,

(1) V. la biographie de Crommwel dans les Héros, Toute Thisloire de cette période troublée s*y trouve concrétisée, et condensée de la ma^ nière la plus saisissante.

(2) Cité par M. Seeley, L'Expansion de l'Angleterre, Traduction Baille, p. 139.

— autre, c'est-à-dire inférieure et rivale. — Car il en est encore de ces rivales ! Dont la démence, plus grande que celle du Cimbre ou du Teuton repoussant les bienfaits de la domination romaine, refuse hommage et reconnaissance à cette incontestable, écrasante supériorité de la race anglo-saxonne, si habituée pourtant à se les voir accorder (1 ) ! — Un tel territoire, un tel peuple, condamné à subir le contact, à recevoir la seule initiation de « Tlnfidèle » serait perdu, à tout le moins compromis, pour la civilisation. Et TAngleterre, dont c'est la fonction propre de veiller à la pureté de cette civilisation, et à son perfectionnement en même temps qu'à sa diffusion, devra empêcher ce désordre, s'opposer à cette profanation ! Aussi a-t-elle contrarié, dans la mesure de son pouvoir, la plupart des entreprises coloniales des nations européennes dans ce siècle. Elle s'esthabituée à y voir une injustice envers l'humanité, un acte d'hostilité personnelle envers elle, et une lésion de ses droits! Les étonnantes déclarations, parlementaires ou diplomatiques, de son gouvernement apportent de la vivacité de cette conviction une preuve sans cesse renouvelée. Citons l'une d'elles, de Lord Derby au Comte de iMunster, à titre de spécimen :« Bien que l'autorité de l'Angleterre n'ait été proclamée sur aucun point de ce territoire, l'assomption, par un gouvernement étranger, d'un droit de souveraineté ou dejuri-

(1) Cr. La supériorité des Anglo-SaxonSy par M. Demolins.

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diction, serait considérée comme une atteinte aux droits légitimes de T Angleterre » (1). L'irrésistible poussée d'impérialisme agressif qui entraîne aujourd'hui la nation doit sa force en grande partie à l'unanimité de cette croyance, qu'elle tient des mains mêmes de ce • Lord of the Impérial Race », invoqué par elle au même titre que Jehovah l'était par Israël, cette universelle domination, comme la plus noble des missions et le plus divin des droits. Et sous peine de déchoir, elle ne devra pas faillir aux devoirs qui lui sont, parla même, imposés. c< La situation de l'Angleterre, dit la National Review (2), lui fait une obligation de l'Empire ; elle est obligée d'être la première des nations et de conduire l'humanité ou de renoncer non seulement à ses domaines, mais encore à son indépendance même » Pas

un jour ne cessent ses journaux et ses revues —à défaut des faits, implacables ironistes, — de raffermir la masse dans cette immuable persuasion, que reflètent les créations de ses écrivains favoris (3), qui inspire et enflamme les chants de ses poètes-lauréats. Pas un discours, qu'il tombe des lèvres d'un « leader») unioniste ou libéral, ne se termine sans allusion, ou évocation.

- (1) Cité par M. Cucheval-Clarigny, Revue des Deux-Mondes, 13 juillet 1885.

(2) Cité par M. V. Berard, op. cit., 71.

(3) L'œuvre de Rudyard Kipling n'est qu'une varialion sans fin sur le thème de la splendeur de la Race Impériale ; un hymme, versicoloreet multiforme, à sa plus grande gloire, àPimmenisité des ressources dont elle dispose et des u estâtes » qu'elle détient .

à celle mission inéluelable, à celle essenUelie « raison d'êlre » de la race anglo-saxonne : Lord Roseberry implore le Ciel [i] ^ afin que puisse nous êlre donnée, adéquale et abondante, la force de ne reculer devant aucun sacrifice nécessaire à Taccomplissemenl de notre mission ! que nous puissions Iransmeltre h nos

enfants el, plaise àDieu,àleurs descendants les plus éloignés, enrichie et immaculée, celte bénie elsplendide domination M. EtJoseph Chamberlain, le pratique « manager » de rimpérialisme, tantôt proclame, en termes claironnants, ... (2) sa foi dans TEmpire el sa foi dans la race anglaise : « Oui, je crois en celle race, la plus grande des races gouvernantes que le monde ail jamais connue... el qui infailliblement sera la force prédominante de la future histoire et de la civilisation universelle », et tan tôt d'un ton persuasif, rappelle l'obligation moralecorrélative: «Une nation estcommeun individu ; elle a des devoirs à remplir.el nous ne pouvons plus déserter nos devoirs envers tant de peuples remis à notre tutelle.... C'est notre domination qui seule peulassurer la paix, la sécurité et la richesse h tant de malheureux qui, jamais auparavant, ne connurent ces bienfaits. Et c'est en achevant celle œuvre civilisatrice que nous remplirons noire mission nationale » (3). ~ Josué, celanli-

(1) Lord Hoseberry, Péroraison du discours cité (Glascow, 1900).

(2) Londres, 11 nov. i895.

(3) Discours au Royal Colonial Institute, 31 mars 1897, et Birmingham, 24 mars 1890.

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que leader de l'ancien peuple de Dieu, ne lui parlait pas autrement, en le guidant vers Macéda ; « etils prirent la ville ; et ils la tuèrent sur le tranchant du sabre ; et ils exterminèrent tout ce qui respirait en elle(l) »

Pour terminer cette étude, qui nous a permis d'analyser — d'après l'expression, souvent émue et comme animée d'un frisson de vie, que leur a donnée un penseur de génie, perspicace observateur de leur obscure éclosion en même temps que prophète de leur développement futur, — les idées sociales et philosophiques, ainsi que les principaux caractères du tempérament moral dont est né l'Impérialisme Anglais, signalons l'idée, qui « couronne » en quelque sorte et illumine les conceptions impérialistes éparses dans l'œuvre de Carlyle. Car cet empire anglo-saxon, qu'il prédisait déjà dans les Héros devoir couvrir « les vastes espaces du globe, en Amérique, dans la Nouvelle Hollande, à Test et k l'ouest, jusqu'aux Antipodes même », pour le définitif établissement duquel il combat A^n^ Past and Présent, il s'est préoccupé toujours d'en réaliser et d'en maintenir l'unité. «Et maintenant, qu'y a- 1- il qui puisse retenir tous ces hommes ensemble, en une Nation virtuellement une, de telle sorte qu'ils n'aillent pas se quereller el se battre, mais vivent en paix, en

(1) Josuë, IX, 28 : cet ingénieux rapprochement appartient à M. V. 6erard,0|>. cit., p. 66.

commerce fraternel, s'aidant l'un l'autre? Ceci est justement regardé comme le plus grand problème pratique, comme la choseque toutes sortes de souverainetés et de gouvernements ont ici à accomplir: qui est-ce qui accomplira ceci (1)? »

Pour Carlyle, ni actes de Parlements, ni mesures administratives ne suffiront dans l'avenir à réaliser cette union, ou à garantir sa stabilité, s'il n'intervient pour elle un facteur moral plus puissant. Celui-ci, du reste, existe, dit-il : Pour peu qu'on veille à ce que rien ne le contrarie, silencieux, il continuera, avec plus d'efficacité que tontes les dispositions artificielles possibles, à retenir indissolublement liées les filles innombrables de la vieille Patrie. Il épargnera aux nations anglosaxonnes la confusion d'une Babel renouvelée. Et cet indispensable élément moral réside principalement dans la force de cohésion, intime, mystérieuse et profonde que recèle ce commun <( élément de la mélodie shakespearienne », qu'emportent partout « emprisonné dans leur nature » (2) les fils aventureux de l'Angleterre !

« N'appelez pas cela fantastique, car il y a beaucoup de réalité en cela: Ici, dis-je, est un Roi anglais, que ni temps ni hasard, Parlement ou combinaison de Par-

(1) Les deux dernières citations, et la suivante sont faites par M. J. Izoulet, dans sa préface à la traduction par M. Camille Bos de Past and Présent.

(2) Past and Présent, p. 248.

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lements, ne peuvent détrôner! Ce roi Shakespeare, estce qu'il ne brille pas, en souveraineté couronnée, sur nous tous, comme le plus noble, le plus doux, et pourtant le plus fort des signes de ralliement ; indestructible ; réellement plus appréciable à ce point de vue que tous autres moyens ou ressources quelconques?

Nous pouvons l'imaginer comme rayonnant d'en haut sur toutes les nations d'Anglais, dans mille ans d'ici. De Paramalta, de New-York, en quelque lieu et sous quelque constable de paroisse que soient des hommes anglais et des femmes anglaises, ils se diront les uns aux autres : « Oui, ce Shakespeare est à nous ; nous l'avons produit, nous parlons et pensons par lui ; nous sommes de même sang et de même race que lui...» (1).

Sous le revêtement mystique dont elle affectionne la parure, l'idée de Carlyle se dégage nettement: La communauté de culture intellectuelle et morale constitue, selon lui, ce lien naturel et spontané,léger et infrangible, d'une incomparable souplesse, qui, mieux que tous les artifices imaginables, saura maintenir et resserrer dans l'avenir, en un indissoluble faisceau, les forces éparses de la race anglo-saxonne. Dans cette commune culture, comme en un sanctuaire familial jalousement préservé, communieront fraternellement les générations futures : Et c'est bien elle qu'il entend, sous ce nom magique de Shakespeare, le plus haut génie qu'elle ait pro-

(1) Carlyle : les HéroSy traduct. Izoulet, troisième confërence : le Héros comme Poète.

duit, le mieux caracléristique de ses qualités, et comme la personnification même de sa plus pure essence.

Or, tandis qu'à Tépreuve du temps, bien des mirages se dissipent, et s'effritent bien des rêves de trop vastes combinaisons d'intérêts et d'écharaudages politiques trop compliqués, la simple et haute idéedeCarlyle sort au contraire de la pénombre « fantastique » où elle semblait à ses contemporains flotter indécise et vague.

La permanence deTaccord des mœurs, des habitudes des besoins et des goûts, la convergence des idées et des volontés, que facilite cette formation commune, peuvent contribuer avec plus d'efficacité h la durée et à rintimité de Tunion entre des sociétés éloignées par ailleurs, que des combinaisons politiques ou économiques artificielles et forcées.

Leur situation gréographique réciproque semble bien contre-indiquer aux communautés anglaises dispersées à tous les points du globe, des essais d'union constitutionnelle trop définie et trop étroite. Au premier dissentiment, la tension et la fixité des attaches multiplieraient les forces d'arrachement. Tandis que peut s'entretenir et se développer chez elles un large courant de solidarité et de mutualité familiales, par la seule action de celte source vive d'énergies et d'inspirations communes évoquée par Carlyle.

Beaucoup des meilleurs esprits, et des plus positifs de l'Angleterre, semblent peu à peu se rallier à son idée ;

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quelques-uns pensent devoir se résigner loi ou tard à assurer seulement cette unité surtout idéale de TËmpire anglo-saxon ; de peur de la fausser ou de la détruire, sous le prélexte, en les matérialisant, d'en solidifier les liens. Nous voyons, du moins, lousceux qui ont à cœur la réalisation de leur rftve s'efiForcer de faire produire à la conception de Carlyle les multiples résultats pratiques qu'elle comporte.

Ainsi, la pensée dernière, la suprême volonté de ce colossal artisan de Tœu vre impériale, de ce Cecil Rhodes disparu d'hier, et que personne n'incriminera d'idéalisme nuageux ou de sentimentalisme superficiel, n'at-elle pas été une affirmation de sa foi en l'efficacité primordiale d'une commune culture, pour parvenir à la fédération rêvée. L'expérience de tonte une vie de travaux gigantesques et d' « héroïques » (1) entreprises a confirmé en lui cette croyance : puisque la fortune qu'il amassa, non pour satisfiiire, comme se l'imaginent encore bien des gens, les goûts étroits et mesquins d'un parvenu, mais pour aider à la réalisation d'idées grandioses et humaines, C. Rhodes mourant l'a consacrée à fortifier entre les enfants de la famille saxonne ce lien de la communauté de culture. 11 a compris son action morale plus puissante encore contre Téloignement, les barrières des monts, et l'espace des océans, que les merveilles nouvelles de la vapeur et de l'électricité.

(1) Le qualificalif d'héroïque est employé ici au sens qu'en tendait Carlyle.

Chaque année, grâce à Tor Rhodésien ,une élite déjeunes gens sud-africains, australiens, canadiens, quelquesuns aussi de leurs cousins germains et américains, viendra façonner à Oxford, dans le vieux centre de vie intellectuelle anglaise, sa personnalité naissante (1).

Avant de se répandre à nouveau dans leurs patriesdispersées à tous les points de Tunivers, leurs âmes neuves et leurs modernes intelligences se retremperont dans Tantique « élément de la mélodie shakespearienne ». 11 a pensé que périodiquement revivifiées aux mêmes sources d'une vie formée des traditions de plusieurs siècles, les individualités anglo-saxonnes, sous la superficielle empreinte des climats divers et des natures changeantes, garderaient partout et toujours une ftme fraternelle, un « air » et un « esprit de famille » !

L'esprit le plus prévenu contre la personne etTœuvre de C. Rhodes ne refusera pas de reconnaître la grandeur et la légitimité de cette espérance. Qu'elle soit demeurée jusqu'à la mort la plus chère à cet homme éminemment pratique, ne permet-il pas, pour Thonneur de tout un peuple, de voir l'idée la plus irréductible de l'Impérialisme anglais, non tant dans un désir de domination guerrière ou de privilèges économiques, que dans

(1) V. dans les numéros de la Review of Reviews, 10 avril et 10 mai 1902, l'histoire du testament de C. Rhodes ; d'intéressants détails sur ses dispositions particulières et rafTectation des bourses de séjour à Oxford aux étudiants de ces diverses provenances : 60 sont affectées aux étudiants des colonies anglaises, 102 aux étudiants américains, 15 à des étudiants allemands.

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la volonté légitime et féconde dans une grande nation, de maintenir, de faire triompher si possible dans Tunivers ses institutions et ses idées, d'assurer la prédominance, sur toute autre, de sa forme particulière de civilisation ? C'est du moins i\ cette même volonté, à ce même rêve qu'ont abouti, par des chemins bien différents, et c'est en eux que communient, par une rencontre singulière, la pensée qui résume le mieux en ce siècle l'âme idéaliste de l'Angleterre, celle de Th.Carlyle, et la pensée de ce puissant initiateur d'empires, qui a été Tune des plus caractéristiques expressions de son génie positif et réaliste (1), de ce C. Rhodes qui dort aujourd'hui dans le roc grandiose des Matoppos Hills (2) qu'il a choisi pour tombe, « parmi les solitudes orgueilleuses de sa conquête, loin des hommes, loin des villes », au cœur de cette Afrique australe où il voulait préparer une route aux civilisations de l'avenir.

(1) Il serait intéressanl,et nous regrettons que le cadre de cette étude ne sV prête pas, de rechercher s'il ne se mêlait pas, aux plus réalistes conceptions et entreprises de C. Rhodes, une forte dose de mysticisme, et ce mélange aussi est profondément anglais : Toeuvre du Garlyle ellemême en fournit des exemples nombreux.

(2) V. Daily Telegraph, 5 avril 1902 : au lieu dit « le Point de vue de rUnivers » qui devra servir désormais de sépulture aux personnages que désignera le gouvernement actuel de la Rhodésia, et le futui gouvernement de la « Fédération Sud-Africaine >».

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