‹ L'impérialisme démocratiqueChapitre 19 sur 46 · IV. — La Morale de Mandeville · texte numérisé non relu

IV. — La Morale de Mandeville

Son insuffisante intellig^ence de la nature utilitaire de la Raison humaine, autant que son illusion plus ou moins voulue sur le caractère désintéressé de la Vertu font assurément de Mandeville un g^uide médiocre sur le terrain psycholo^jique. Comme moraliste, il est sinon plus sûr, du moins plus intéressant, pae Textrême modernité de ses vues : et, sans doute, doit-il en partie cette orijjinalité à sa qualité d'habitant de Londres, de citoyen adoptif de la grande cité qui se trouvait dès lors en voie de devenir la capitale commerciale du monde.

En effet, il contemplait là lui, étrang^er, dépourvu d'hérédité britannique, le spectacle tout nouveau à son reg^ard et d'une aristocratie vigoureuse, maintenue par la pratique des grandes affaires et les mœurs de la liberté à la hauteur de sa mission directrice, et d'une bourgeoisie ascendante, en voie d'édifier la civilisation matérielle la plus accomplie qui fut jamais. 11 fréquentait l'un et l'autre de ces groupes humains, si exceptionnellement armés par la lutte vitale, et ce ne fut pas sans fruit qu'il s'efforça de codifier les leçons de sagesse pratique dont cette double bonne fortune était pour lui la source.

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