M. Borie (Chambre des députés, 17 mars 1 898), dans un
discours très intéressant comportant un historique fort bien fait de la législation du timbre des récépissés et des arguments
manifesta cependant très clairement ses intentions, et elle adopta, le 4 mars 1890, un contre-projet (r) ainsi conçu : € la Chambre, opposée à tout impôt sur la petite vitesse, sous quelque forme que ce soit, invite le gouvernement à rechercher les ressources qui pourraient être substituées au produit du timbre sur les récépissés de petite vitesse, et demande que des propositions en ce sens lui soient présentées le plus vite possible ».
Le gouvernement a bien tardé à répondre à cette sommation, il a toujours, depuis lors, gardé le silence. C'est d’ailleurs le sort d'innombrables ordres du jour dont la solennité, manifestant une conviction apparemment très ardente, ne sert qu’à mieux enterrer les réformes.
La question n’a jamais été reprise, elle mériterait pourtant d’être à nouveau soulevée. Une improportionnalité aussi choquante doit sans conteste disparaître à bref délai; si l’on se refuse à une suppression immédiate, qu'on abaisse au moinsle tarif à 35 centimes, comme pour la grande vitesse. Les intéressés souffrent, et ils le disent, mais leurs plaintes isolées n’ont pas d’écho ; qu’ils s'unissent, qu’ils forment au
très impressionnants contre tout impôt de cette nature, aboutissait à cette conclusion « l'injustice ne comporte d'autre solution que la suppression même de l'impôt ».