‹ L'imposteur magnanime Perkin WarbeckChapitre 14 sur 36 · I. IMPOSTEUR MAGNANIME · texte numérisé non relu

I. IMPOSTEUR MAGNANIME

jamais trop à mes yeux... Mais vous soupirez, vos regards se voilent, décidément mon impatience, mon ambition pour vous, serait-elle importune?

WARBECK

Excuse cette passagère défaillance, mon amour. Je songeais aux tragédies de tant de rois et de reines d'Angleterre, et c'est ce qui me donnait un instant l'envie de n'être que des souverains de bergerie et de pastorale! Mais tu as raison, nous n'avons pas le droit de songer seulement à nous; nous ne pouvons nous aimer que sous la pourpre... (àpart:J ou le sang... (Fanfare dans la coulisse.) Le cor! Un messager sans doute?

CATHERINE (qui s'est approchée de la fenêtre rougie par le soleil couchant)

C'est maître Etienne Frion, votre sombre ministre. Il vient de descendre de cheval dans la cour d'honneur. Il a probablement à conférer avec vous. Je vous abandonne à cet homme rébarbatif, quoique précieux ; mais congédiez-le au plus vite, mon prince; je ne vous ai jamais vu si morose et il me tarde de dissiper pour de bon les ombres que j'ai fait flotter, bien malgré moi, sur vos grands yeux d'espoir et de clarté.

(Elle l'embrasse et se retire dans une chambre voisine non sans s'arrêter encore sur le seuil, pour lui sourire.)

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