‹ L'imposteur magnanime Perkin WarbeckChapitre 5 sur 36 · SCENE II Les Précédents; LORD HUNTLEY, LORD DALYELL · texte numérisé non relu

SCENE II Les Précédents; LORD HUNTLEY, LORD DALYELL

HUNTLEY (amenant Dalyell par le bras)

Nous y voici... Eh bien, mon garçon, tu ne devines pas encore pourquoi je t'ai entraîné en ce lieu?

DALYELL Je vous avoue mon ignorance, mylord.

HUNTLEY

Voilà bien nos amoureux. Ils ignorent le premier mot de ce qu'il leur importerait de savoir... Apprends que c'est ce soir la veille de la Saint-Valentin...

DALYELL

Ah!...

HUNTLEY

Tu commences à comprendre? C'est donc cette nuit que les jeunes filles engagent leur foi. Elles ont même le droit de se déclarer à celui qu'elles aiment... Regarde autour de toi. Plusieurs de tes amis sont en train de se recommander à la préférence de la dame de leurs pensées... Allons, courage!... Catherine est seule... C'est le moment de lui parler...

DALYELL

Je n'oserai jamais... Elle si fière, si grande dame, la propre cousine du roi!... Elle qui a refusé les plus brillants partis du royaume!... Comment pourrait-elle écouter un simple cadet de famille?

HUNTLEY

Dire que ce soldat, ce capitaine qui fît ses preuves, tremble devant deux beaux yeux !... Tu es de bonne maison, de caractère irréprochable. Le roi, mon neveu, te veut du bien. Moi-même je t'affectionne déjà comme mon propre enfant. N'es-tu pas le fils de mon vieil ami qui combattit à mes côtés sous Louis XI et qui mourut en me défendant?... Je me fais fort d'obtenir le consentement de notre maître à ce mariage. Il ne te reste donc qu'à plaire à ma fille... Allons, par saint Valentin, poussons notre pointe; fais-lui ta révérence, et tout à l'heure, au moment où s'ouvrira le bal si elle te remet une fleur, un ruban ou un autre gage, sois bien persuadé, qu'elle aura répondu à mon vœu le plus cher... Dépêche-toi, te dis-je, car voilà le comte d'Oxford (Oxford est entré par le fond de la salle; il salue, s'avance lentement, s'arrête de groupe en groupe) qui se montrera peutêtre plus entreprenant. (Dalyell ayant eu un mouvement d'impatience, Huntley lui met la main sur l'épaule) Oh, rassure-toi; il n'a guère de chance, lui! Il est aussi antipathique à ma fille qu'à moi-même; mais, va toujours, car il pourrait l'accaparer et l'importuner de ses madrigaux.

(Sur ces entrefaites Oxford s'est, en effet, porté vers Catherine, Dalyell se hâte de le prévenir; au même moment Douglas fait irruption dans la salle et, tout affairé, les prenant tous deux par le bras, il les ramène sur le devant de la scène.

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