XXIV CHANGEMENTS DANS LES CONDITIONS DU TRAVAIL
Trois siècles plus tard, Dioclétien, Constantin, après eux Théodose II et Justinien ont repris, renouvelé, parachevé l'œuvre d'Auguste, réalisé en partie les idées de Mécène, frayé les voies aux règles d'Adam Smith par une législation fiscale dont l'ensemble est de beaucoup supérieur à cette époque et qui est encore comme un modèle. Cette œuvre a été comme une réparation que Rome a accordée aux peuples qu'elle avait opprimés et le dernier legs de son génie politique. L'impôt a dû, dès lors, être envisagé comme un devoir à acquitter proportionnellement aux ressources. Ce n'est plus un don, ni une dîme, ni un tribut, ni une extorsion, c'est un devoir àremphr par le contribuable et un droit de l'État, exercé avec justice et humanité.
XI. Mais au moment où cette législation entrait en pratique, l'édifice romain était battu en brèche de tous côtés, par des difficultés politiques et sociales également insurmontables, car les éléments intérieurs des civihsations ne sont pas soumis à des changements moins importants que leurs éléments extérieurs; les conditions du travail, la vie économique de l'Empire romain se modifièrent en même temps que sur les frontières se présentèrent des ennemis implacables.
XII. Le développement de la guerre, en multipliant les esclaves, avait exercé une influence désorganisatrice sur le travail ; nulle part cette désorganisation n'a été plus grande et plus destructive qu'en Italie et qu'en Grèce. Le travail de l'esclave s'y substitua au travail de l'homme libre. L'esclave ne paie ni ne peut absorber l'impôt. Il le réfléchit sur son maître. Le maître s'y soumet lui-même, sans bonne volonté. Les États esclavagistes ont, par suite, été toujours belhqueux ; la guerre devait fournir des esclaves et payer le tribut. La pax Tomana avec Auguste mit un terme aux guerres, limita l'esclavage et le tribut. Le Christianisme accéléra ces