INVASION DE L EMPIRE ROMAIN FAR LES NOMADES. XXV
changements. Il fallut se remettre au travail, comme Aristote l'avait prévu. Saint Paul faisait des tentes; les apôtres ont été la plupart des ouvriers; tous travaillaient. Puis, on dut reconnaître que le travail de l'homme libre est plus productif que celui de l'esclave. Les affranchissements se multiplièrent; il fallut demander aux travailleurs leur part d'impôt; l'impôt revêtit alors un certain caractère servile. Simultanément les idées politiques, les bases et la forme du gouvernement romain changeaient, sous l'influence de l'Orient; de répubhcaines, elles devinrent monarchiques. L'impôt fut considéré comme appartenant à l'empereur, dans lequel l'État se personnifiait. Il devint la propriété de l'empereur, qui en disposa comme de sa chose, conformément aux traditions orientales; dès lors il put exempter de l'impôt, les personnes qui approchaient de lui : Yimmunitas conduisit au don de l'impôt, à la gratification fiscale, à Yhonor. Payer l'impôt devint une marque d'infériorité politique et sociale. En outre, à cette époque si intéressante, le cours de la civihsation prend une autre voie. D'urbaine, elle devient rurale, à raison des progrès des défrichements, de la mise en culture de nouveaux territoires et de la population. Les formes de la production se modifièrent en même temps, surtout dans l'Europe occidentale. C'est donc aux propriétaires ou aux cultivateurs qu'il fallut demander la part principale de l'impôt.
XIII. C'est à ce moment décisif dans l'histoire économique de l'Empire romain, que s'aggravèrent les attaques des peuples nomades qui l'entouraient sur toutes ses frontières, au nord, au levant, au midi. Ces peuples nomades n'étaient pas inconnus des peuples sédentaires du bassin de la Méditerranée. Celtes, Scythes, Massagètes avaient, à diverses reprises, menacé et franchi les frontières de la Perse, de la Macédoine et de l'ItaHe. Leurs miçrrations et leurs inva-