DOUANES, OCTROIS, MONOPOLES
deux tiers des octrois. Au surplus, il en est de même pour l'Etat dans l'Italie actuelle.
2° Octroi de Rome. — Les changements furent si rapides pendant cette première période de l'Empire et la condition de Rome est déjà si abaisse'e , que dès le second siècle, Rome eut son octroi. 11 fallut lui donner une organisation municipale, des finances, une caisse; cette caisse fut placée sous la surveillance du Sénat, On établit un portorium, sorte ^d'alcabala, sur les légumes du marché; quelques vieux romains s'indignèrent; les publicains durent se contenter de taxer, après les avoir jaugés, les vases ou corbeilles dans lesquels on les enfermait. Les publicains allèrent si loin que Marc-Aurèle lui-même traça une ligne dans Rome en dehors de laquelle le citoyen romain n'eut rien à craindre d'eux.
3° Monopole du sel. — Dans les derniers temps de la République et sous l'Empire, le monopole du sel fut aggravé et le prix de vente porté si haut que Dion Cassius signale le fait comme une augmentation d'impùt. M. Gagnât a discuté l'interprétation de Dion Cassius en partant de l'idée que lorsque l'Etat exige un prix excessif d'une denrée de consommation nécessaire à la vie dont il s'est réservé la vente exclusive (il n'y avait de monopole de fabrication qu'en Italie) , il ne faut voir dans ce fait que l'abus d'un droit domanial. Il est difGcile de partager cette opinion. Le monopole du sel, comme bien d'autres monopoles, notamment celui des allumettes en France, n'est qu'une forme de l'impôt, forme déguisée, afin d'en obtenir davantage (1).
§ 6. Impôts mixtes , de mutation et de succession.
Parmi ces impôts, appelés à un si grand avenir, un seul est véritablement d'origine romaine : c'est la vicesima libertalis ou manumissionum. Nous avons indiqué plus haut la date de son établissement. Les trois autres ont été institués sous le principat d'Auguste : 1° La centesima rerum venalium; 2° la quinta
(1) Marquardt , ibidem.