‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 112 sur 252 · CHANGEMENTS DANS LA CONDITION DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS DANS LA CONDITION DU TRAVAIL

ractère général, invisibles et irrésistibles. On en rencontre partout sans bien les comprendre et ils nous entraînent on ne voit pas oià. Il en a été de même au iv^ siècle.

M. Levasseur a nettement accusé le point de départ et le caractère de cette évolution du travail, c Au iii^ siècle, le nom- « bre des esclaves avait considérablement diminué, ils avaient « cessé d'être un danger. La guerre n'amenait plus chaque jour « sur le marché des captifs à vil prix. Les naissances étaient « devenues la principale source qui alimentait encore l'esclavage « et cette source même avait été appauvrie par les alTranchisse- <c ments que l'adoucissement des mœurs, les progrès des idées <c d'humanité, quelquefois l'intérêt bien entendu, avaient rendus « très fréquents; cet usage tournait au profit des classes libres. (( Il fallut même restreindre la faculté qu'avaient les maîtres de « disposer de leurs esclaves... L'équilibre finit cependant par être « rompu. La rareté et par suite la cherté des esclaves rendirent « leur travail plus coûteux; la classe libre, dont les rangs étaient « plus pressés à mesure que ceux de la classe serviles'éclaircis- <c saient, put à son tour lui faire concurrence et l'on vit des in- « génus et des affranchis se mêler, se substituer aux esclaves « jusque dans la profession de gladiateur..., c'est surtout dans « le cours du second siècle que les classes ouvrières reçoivent « la forme définitive qu'elles ont conservée jusqu'à l'époque des <c invasions. Dès le me siècle on les trouve partout formées en a collèges et partagées en trois groupes, dont les membres jouis- « sent d'autant moins de la liberté individuelle qu'ils ont avec « l'État des rapports plus intimes; ces trois groupes compren- « nent les manufactures de l'État, les professions nécessaires à « la subsistance du peuple et les métiers libres (l). »

Un mouvement analogue et parallèle se produisit pour les esclaves attachés à la culture du sol. « Ils étaient traités en hommes, « mais en hommes qui devaient rapporter beaucoup et coûter u peu, on les nourrissait en proportion du travail qu'on espérait « d'eux. La villa renfermait ordinairement une prison souterraine « où ils étaient enfermés en punition de leurs fautes. Les plus

(1) Des classes ouvrièrcb en France, V vol., p. 28.

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