CHANGEMENTS DANS LA CONDITION DU TRAVAIL
ractère général, invisibles et irrésistibles. On en rencontre partout sans bien les comprendre et ils nous entraînent on ne voit pas oià. Il en a été de même au iv^ siècle.
M. Levasseur a nettement accusé le point de départ et le caractère de cette évolution du travail, c Au iii^ siècle, le nom- « bre des esclaves avait considérablement diminué, ils avaient « cessé d'être un danger. La guerre n'amenait plus chaque jour « sur le marché des captifs à vil prix. Les naissances étaient « devenues la principale source qui alimentait encore l'esclavage « et cette source même avait été appauvrie par les alTranchisse- <c ments que l'adoucissement des mœurs, les progrès des idées <c d'humanité, quelquefois l'intérêt bien entendu, avaient rendus « très fréquents; cet usage tournait au profit des classes libres. (( Il fallut même restreindre la faculté qu'avaient les maîtres de « disposer de leurs esclaves... L'équilibre finit cependant par être « rompu. La rareté et par suite la cherté des esclaves rendirent « leur travail plus coûteux; la classe libre, dont les rangs étaient « plus pressés à mesure que ceux de la classe serviles'éclaircis- <c saient, put à son tour lui faire concurrence et l'on vit des in- « génus et des affranchis se mêler, se substituer aux esclaves « jusque dans la profession de gladiateur..., c'est surtout dans « le cours du second siècle que les classes ouvrières reçoivent « la forme définitive qu'elles ont conservée jusqu'à l'époque des <c invasions. Dès le me siècle on les trouve partout formées en a collèges et partagées en trois groupes, dont les membres jouis- « sent d'autant moins de la liberté individuelle qu'ils ont avec « l'État des rapports plus intimes; ces trois groupes compren- « nent les manufactures de l'État, les professions nécessaires à « la subsistance du peuple et les métiers libres (l). »
Un mouvement analogue et parallèle se produisit pour les esclaves attachés à la culture du sol. « Ils étaient traités en hommes, « mais en hommes qui devaient rapporter beaucoup et coûter u peu, on les nourrissait en proportion du travail qu'on espérait « d'eux. La villa renfermait ordinairement une prison souterraine « où ils étaient enfermés en punition de leurs fautes. Les plus
(1) Des classes ouvrièrcb en France, V vol., p. 28.