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LES CORPORATIONS

§ 8. Les corporations.

Il était pourvu à la plupart de ces corvées par de nombreuses et puissantes corporations qui ont rendu les plus grands services à l'Empire romain pendant cette époque. On peut les comparer aux principales artèles russes, parce qu'artéles russes et corporations romaines proviennent également de la décomposition de l'esclavage. Elles repre'sentent la transition entre le travail servile et le travail libre (1). L'abolition de la Lustrulis conlatio fut de'cide'e pour favoriser les corporations, bien autrement utiles à cette e'poque que le concours des activités personnelles. Les plus importantes étaient : 1" les negotiatorcs (commerçants) ; — 2° les navicularii (armateurs et marins) ; — 3o les Fabricenses (forgerons) marqués au bras ; — 4° les Pistores (boulangers) ; — 3° le Corpus catabolensium (charretiers); — 6° Corpus suariorum, boariorum, Pecuariorum (bouchers divers) ; — 7° les Bastagirii (voituriers impériaux); — 8° les Dendrophores (charpentiers-poutriers). — Ces corporations se sont répandues de toutes parts pendant le moyen âge. Elles se sont dissoutes avec les progrès généraux du travail et de la richesse. Elles tendent à se reconstituer aujourd'hui sous la forme de syndicats, probablement à raison de rinfluence de la diminution des profits, résultant de la concurrence du travail libre. Elles tiennent une grande place dans l'histoire des prestations, formes essentielles de l'impôt, et dans celles de la civilisation.

§ 9. Le service militaire.

De tous ces changements, le plus significatif eut lieu dans le service militaire. Sous la République, le service militaire étant une obligation personnelle et d"honneur; le légionnaire et le citoyen ne faisaient qu'une seule et même personne. Pendant la première partie de l'Empire, l'obligation se maintint encore,

(1) Humbert, ibidem, 2" vol., p. 357. — Bouchard, p. 307-315. -- Rododanachir, L-'s corporations à Constanlinople , 1893; — Journal, des Débats, juin. 1895. Au surplus on rencontre également des corporations importantes dans la Rome primitive, royale et républicaine.

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mais avec une tendance à se modifier, à raison de la durée du service militaire. On finit par donner la préférence à l'engagement volontaire que l'on comple'ta au moyen de réquisitions . La réquisition conduisit, d'abord, à la corvée militaire pour les soldats, puis à la fourniture de soldats par les propriétaires fonciers. Aucun fait n'accuse mieux l'étendue des changements qui ont eu lieu, les progrès de la culture du sol et des populations rurales, l'importance des propriétaires fonciers ruraux. « La « propriété foncière devait fournir les hommes dont on avait « besoin pour remplir les cadres de l'armée. Les possessore)^ « étaient tenus de céder, pour le service militaire, les colons « qui cultivaient leurs champs. Le plus ordinairement néan- « moins on admettait Vadseratio (c'est-à-dire l'exonération « pécuniaire) et le prix du rachat variait par homme de 20 à 36 « aurei (300 à o40 fr.); c'était Vaurum tironicum. Le proprié- « taire qui ne possédait par le nombre de millenae (contenance « variable d'après le nombre des jugera) suffisant pour être im- « posé jasqu'à concurrence d'un soldat, payait sa part propor- « tionnelle de Vadxratio , ou bien, si la prestation était exigée « en nature , on réunissait sa possession à celle de ses voisins, «jusqu'à ce que l'on eût obtenu une valeur totale de millenx « (ou une contenance) égale au nombre de millenœ d'après « lequel on devait la fourniture d'un soldat. Lorsque la pres- « tation était exigée en nature et que le propriétaire n'avait « pas sur sa terre d'hommes propres au service militaire, il « devait s'en procurer ailleurs (I). » Dans les villes cette corvée devint municipale.

Voilà bien déjà les institutions, les charges militaires et foncières du moyen âge. La terre doit le service militaire; l'homme n'est plus rien, la terre est tout.

§ 10. Impôts temporaires.

Il faut ajouter à ces diverses taxations quelques impôts qui n'ont été que temporaires à cette époque, mais qui ont reparu

(1) Biachard, ibidem, 315. — Serrigny, 1" vol., 318.

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