FORMES L)E> CHANGEMENTS
Sous ce titre on a placé fies extraits des ouvrages d'Ulpien, de Papinien, de Celsus, de daïus, de Paul. Les extraits d'CIpien touchent aux plus importantes matières fiscales : 1" l'application du jus italicum dans les villes de Syrie, et Phénicie, notamment à Tyr ; 2° les conditions du trihutum pro capita, première forme de la capitatio humana; 3° les effets à Tépoque d'Ulpien de Vlminunitas;i° le mode d'appliquer le Stipen>1iwn ou tributwn soli, première forme de la capitatio terrena. Des milliers de textes ont autant d'importance. Ces extraits d'Ulpien doivent être classés au nombre des dispositions pre'paratoires des réformes postérieures.
Parmi ces réformes, la constitution delà capitatio terrena et de la capitatio launana a été certainement la plus importante; elle ne résulte cependant que de textes indirects ou des inscriptions. On ne connaît celte constitution, œuvre du temps, que par des interprétations d'autres textes, ou quelques passages des écrivains de l'histoire Augustale, en particulier d'Aurelius Victor (1). C'est dans les titres du Code Théodosien tels que de indulgentia debitorum, de itinere muniendo, de Annonse, de colonis, de censu, que Ton a pris les éléments indiquant ces changements, qui ont été plutôt des transformations successives que des actes législatifs ; aussi cette constitution n'a-t-elle pas revêtu un caractère d'ensemble; cet ensemble s'est accompli peu à peu, souvent avec des différences nombreuses, puisque Dioclétien porta le nombre des provinces à96, formant 37 gouvernementset 14 diocèses.
Le courant réformateur s'est prolongé jusqu'à l'époque de Justinien qui l'a consolidé, développé et régularisé; mais, en ce qui est du système fiscal, la coutume, la tradition, si anciennes en Orient, ont fini par prévaloir entièrement sur la législation. Peu à peu l'activité législatrice impériale se calme. L'œuvre est accomplie. Le latin même perd sa place éminente qu'il avait conservée. Les dernières A'ovelles sont écrites en grec et ont dû être traduites en latin.
Ce sont par suite les compilateurs, les glossateurs, les critiques de ces grands monuments qui, pièce à pièce, ont réuni,
(1) Duruy, 7« vol., page 50, notes 4 et 5.