DE LA CONDITION DES PERSONNES
ville gauloise, plus tard française, est surtout d'origine romaine.
Le changement qui transporta la vie et l'influence politique dans les campagnes a quelque chose d'extraordinaire. Il faut, pour en bien saisir la portée, se rappeler la fonction des anciennes cite's : Babylone, Tyr, Jérusalem, Carthage, Athènes, Rome. Tous ces organismes si puissants, tombent en ruine. La foule humaine qui les a si longtemps recherche's, les abandonne; les grands noms qu'on était habitué à vénérer, à redouter, sont oubliés. La vie est entièrement changée. Qui a conservé quelque souvenance des repas publics, du triobolon, des liturgies, des gladiateurs, du congiarium, du citoyen romain"? Le consul devient un pauvre magistrat municipal qui s'inquiète plus des caprices du seigneur voisin que des annales de Tite-Live.
Et le fond de cette révolution radicale (1), la raison de ce changement à vue de décor, c'est cependant encore de fermer les ergastula romains, de briser les fers de l'esclave grec, de transformer le colon latin en un métayer ou un bon vigneron qui pourra nourrir, vêtir, élever, aimer sa famille, sans la permission de personne, et sans que personne lui arrache, sous forme d'impùt ou de redevance , le fruit de son labeur.
§ 5. De la condition des personnes.
Dans la société grecque la composition même de la société ne présentait pas d'embarras, les Grecs pratiquaient l'esclavage comme des pirates. Ils vivaient de piraterie. Ils affranchissaient peu. A Athènes on ne trouve dans les documents historiques que des hommes libres et des esclaves (2). A Lacédémone, àThèbes, où la piraterie était plus rare, il y avait une classe intermédiaire qui se tenait plus près de la liberté que de l'esclavage. C'étaient les Pénestes, les Périèques, les Clarotes, cultivateurs du sol, dont la coutume fixait et garantissait la condition.
(1) Ingram, Ilistonj of Slavery aiul Serfdom, 1895, p. 77. M. Ingram insiste sur les causes qui [ont préparé dans la société romaine la transformation de l'esclavage en servage.
(2) Wallon, IlUtoire de l'esclavage, livre I, chap. X.