DES ALLEUX
taire, de charges et d'hommage pour leurs propriétaires, et 2° l'héritage pour origine. C'étaient des domaines patrimoniaux et familiaux.
Malgré beaucoup de tra\-aux, la discussion est encore ouverte sur la condition réelle des alleux. Les alleux ont été des domaines, de consistance très-variable, libres d'impôts, de services et d'hommage. Par des circonstances diverses, les uœs territoriales, les autres politiques, d'autres économiques, jn certain nombre, surtout dans le midi de la France, échap»èrent à la hiérarchie féodale. Aussi l'opinion s'est-elle fait joa" que le véritable alleu représente la véritable seigneurie, ou jFlutôt la propriété foncière, le domaine agricole, sans appartenances politiques, sans liens de patronage, et, avant tou, le domaine possédé à titre d'héritage, le domaine patrimonià; ce qui s'applique fort bien à une époque où la propriété povenait de tant d'autres causes, avec des caractères très-divers, .emporaire, viager, par donation, par recommandation, par hcation à temps ou perpétuelle, même par eraphytéose, par occipation, par conquête, par violence.
Uimmunitas est-elle la seule origine de l'eximption d'impôts et des charges publiques des alleux? Cela sem)le peu probable. D'autres causes ont dû y concourir, notammett la constitution de l'alleu sur des territoires nouveaux ou non Dortés au cens.
L'alleu , tout en échappant à la hiérarchie fétiale, et aux obligations qui en résultaient , profita, quant à ss dépendances — domaines ou personnes — de tous les avanta^s de la féodalité. Il ne fut tenu à aucune obligation, sauf le ser^ce militaire, mais il exerça tous les droits des autres seigneurie! (1).
Aussi jusqu'en 1789, l'alleu n'a-t-il cessé d'être battu en brèches par les feudistes féodaux et surtout par les feudistes rovaux — mais il leur résista. Les juristes de 'Assemblée constituante , Merlin, lui-même, tous pénétrés é l'ancien régime bien qu'en étant ses adversaires souvent injiiles, toujours implacables, s'imaginèrent, pendant quelque tecps, que tous les
(1) Il y eut des alleux francs même de la ilîme ; fobablement après rachat .