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LA NATIONALITÉ FUANÇAISE ET LES SEIGNEURIES

existé de curieux rapports entre la chevalerie militaire française, les familles nobles militaires françaises et les systèmes militaires de rÉgypte, de Lacédémone et de Rome. Le véritable service militaire, accepté par tous, comme dans la Rome républicaine, ne date en France que de i872 (I).

Il est sorti des foyers militaires seigneuriaux, une race d'hommes extraordinaire. Cette race a fait les Croisades, qui ont été et qui demeureront l'époque héroïque de la France (2). Les clientèles commerciales de la France par tout l'Orient s'y rattachent (3). Ces hommes ont porté le nom et les souvenirs de la France en Syrie, à Rhodes, à Chypre, en Crète, en Egypte, en Tunisie, à Constantinople , dans la Grèce entière. Ces souvenirs n'ont pas disparu. La France est populaire dans tout l'Orient. A aucun moment de son histoire, la France n'a été plus influente, plus civilisatrice que du xiie au xiv^ siècle . La France de saint Louis a été moins pompeuse, mais plus grande que celle de Louis XIY. A ces mêmes foyers transformés, mais encore les mêmes, ont appartenu les familles militaires qui ont relevé la France du xv[e et du xvii'' siècles. Les services des familles militaires de la France sont attestés par les plus illustres souvenirs de la patrie : Philippe-Auguste, saint Louis, Duguesclin, Jeanne d'Arc, Richemont, Bayard, Guise, Henri IV, Turenne, Condé. Plus d'un général de la Révolution ou de l'Empire a eu les mêmes origines : Davout, Marmont, La Riboissière ; le maréchal Bugeaud lui-même est né dans un vieux nid seigneurial. La Piconnerie.

Nous n'entreprendrons pas de tracer le tableau d'une seigneurie. Nous renvoyons à l'excellent ouvrage de M. Dareste de la Chavanne dans lequel la formation, l'exploitation, les conditions des seigneuries ont été remarquablement étudiées. M. Dareste de la Chavanne n'a cependant pas insisté sur la fonction mi-

el) Voir, ci-après nos réflexions ù propos du service militaii-e pour les tenure? eu roture, les communes et les villes.

(2) Comparer les réflexions de M. Finlay, Sistortf of Greece, t. 4, p. 67, sur la grandeur de la France du xm« siècle.

< 3 ) La France entretient encore avec l'Empire ottoman un commerce considérable : elle vient au .second rang, après 1" Angleterre, avec 202 millions de francs en 1894.

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