‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 169 sur 252 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA FÉODALITÉ · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA FÉODALITÉ

d'élevage de bétail, de foires, comme il s'en crée chaque année aux États-Unis, qui se formaient sous la protection des abbayes; ainsi Vabbaye de la Sauve, Entre-deux-Mers, en Guyenne, devenue actuellement une école départementale (1).

Dès que ces foyers sont constitués, l'impôt y fait son apparition, comme le résultat naturel, et même, comme la condition nécessaire, de toute agglomération. Prenons-le dans sa molécule génératrice. « Tous les habitants, qu'ils soient ou non tenanciers, « sont astreints au droit de gîte, quand arrive dans le bourg « un personnage de marque. Tous aussi doivent, en pareille « occurrence, faire un crédit de 15 jours pour le paiement du « pain, de la viande et de toutes autres denrées marchandes. (( Enfin un impôt est levé sur les bœufs, les porcs, le vin vendu, « un denier par porc, deux par bœuf (2) >>.

Le milieu est troublé, anarchique, mais plein de sève et de vie. Le régime féodal donnera à ce milieu, non pas une sécurité complète qu'il ne supporterait pas, mais une sécurité d'ordre supérieur, sans amoindrir ses forces vitales. Pendant toute l'époque féodale, à raison même de l'intensité du développement agricole, il va eu, en France, comme une surabondance dévie.

Les seigneuries, les abbayes, sortes de seigneuries monacales, étaient éparses de tous côtés sur le territoire, séparées par de grandes distances ; les châteaux-forts, qui en étaient le centre, se rencontraient, au fond des forêts, comme Plancy ou Bénauge, Château Meillant; sur des plateaux éloignés, comme Montratier; au passage des fleuves et des rivières, comme Craon. La féodaUté a consisté à souder les uns aux autres, par la force même des choses, les éléments divers réunis dans les seigneuries, à demander à la terre, à la propriété foncière, les premières ressources

(E. BeaiKloin, ouvrage déjà cité, page 88). M. BeauJom oublie que ces pouvoirs publics out disparu et que les barous de Montratier, de Château Meillant, de Bénauge, de Piancy, de Craon, étaient les véritables pouvoirs publics ; c'était à eux que les populations s'adressaient.

(1) L'Église de cette sauveté est encore un des beaux monuments du moyen âge en Guyenne .

(2) Flach, Origines, 2^ vol., p. 200. C'est l'impôt sur le bétail, tradition des anciens temps, tradition des peuples nomades.

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