AVANT-PROPOS
possédé un gouvernement libre, Thistoire de l'impôt y a présenté le plus grand intérêt. Tout change peu à peu avec l'Empire pour aboutir à la situation si complexe du m" et du iv« siècles, puis à la désorganisation complète des siècles suivants.
En outre, les peuples libres sont les seuls qui se soient élevés à la notion de l'histoire, les seuls, la Chine exceptée, qui aient laissé des œuvres historiques où les faits économiques sont reconnus, analysés, appréciés. Pour tous les autres peuples, il faut demander à leurs livres rehgieux, aux papyrus, aux briques, aux inscriptions, des renseignements difficiles à comprendre et surtout à interpréter. Témoins muets du passé, ils mettent à notre disposition des textes, des usages, des chiffres, mais ils ne permettent que très-rarement de reconnaître, comme dans les discours de Démosthènes ou certaines pages de Tite- Live et de Tacite , les reflets de l'impôt par l'opinion même des contemporains.
On peut se faire une idée de cette situation par ce qui se passe actuellement dans l'Inde. Ce n'est pas en vain que les .classes supérieures de l'Inde , parvenues d'elles-mêmes à un certain degré de culture, ont été mises, depuis plus d'un siècle, en rapport avec la civilisation européenne, représentée par l'Angleterre. Un changement, lent mais réel, s'est opéré dans les esprits. Les Hindous se sont habitués à lire des journaux, à ouvrir des cercles, à tenir des réunions, à discuter sur leurs intérêts. Ils ne possèdent pas de contrôle direct, mais ils ont en main les moyens d'exercer un contrôle indirect. Déjà des congrès ont été réunis dans les grandes villes de l'Inde et dans ces congrès toutes les questions politiques, économiques, fiscales ont dû être abordées. Le système fiscal y a été soumis à des critiques, qui nous serviront souvent de guide, en traitant des problèmes de l'impôt dans l'Inde.