‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 172 sur 252 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA FÉODALITÉ · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA FÉODALITÉ

mélairie, bail congéable , bail colonger, tenure en échevinage, emphytéose ont été des formes diverses d'occupation conditionnelle du sol présentant le double avantage, pour le seigneur ou propriétaire primordial de peupler, de défendre et de cultiver sa seigneurie et, pour le tenancier, de devenir propriétaire sans bourse délier, association plus favorable au tenancier que le Mir qui ne l'a jamais enrichi et qui a facilité son asservissement, ou que le prêt hypothécaire, surtout à une époque d'extrême rareté et cherté des capitaux.

Malgré ces avantages, le moment dut venir cependant où bien des roturiers et même des possesseurs de fiefs se laissèrent entraîner comme Pierre de Fontaines par le libre droit de propriété romaine. Hommage, fidélité, dénombrements coûteux, aides, quint et requint, rachats, reliefs, amortissement pour les uns, cens, rente, partage des fruits, aveux, tailles, gîtes, corvées, banalités, tonlieux, lods et ventes, pour les autres, parurent accablants et sans fondements; greffes, offices, terriers à entretenir; tout cela devint à la fois onéreux, humiliant, désagréable.

C'est que les formes de la propriété adaptées, du ix'^ au xiii« siècle, à l'état économique et social en France, qui ont pu persister du xive au xvii*' siècle — sans dépasser le milieu du siècle — ne convenaient réellement plus à l'époque où ont brillé Descartes, Pascal, Corneille et Molière. On en a la preuve dans les ordonnances qui précédèrent et suivirent les grands jours d' Auvergne. Ces ordonnances montrent à la fois combien il était déjà nécessaire et facile de modifier des institutions qui avaient fait leur temps. C'est ce dont Colberl était entièrement convaincu. Louis XIV préféra placer son petit-fils sur le trône de toutes les Espagnes, par des guerres qui ont ruiné la dynastie et compromis l'avenir de notre race, que de renouveler un matériel sans valeur; on ne saurait comparer ce matériel tel que l'ont connu Fénelon, Vauban et Montesquieu qu'à ces vieilles machines qu'on montre, dans les écoles d'arts et métiers, comme les modèles primitifs de l'industrie (1).

(1) Telle est rimpressiou que laisse un ouvrage récent sm* la féfxlalité dans le Bourbonnais (Les Jiefs du Bourbonnais, Moulins, 1895) par MM. A. de la Faige et R. de la Boutresse. Châteaux, forteresses, tout est à peu près rainé. Rien n"est plus en rapport avec l'état actuel du Bourbonnais.

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