‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 182 sur 252 · OBLIGATIONS MILITAIBES ET FONCIÈRES · texte numérisé non relu

OBLIGATIONS MILITAIBES ET FONCIÈRES

Cette charge périodique rappelait au vassal sa condition subordonnée et représentait certaines dépenses.

30 La principale obligation du vassal était le service militaire personnel, à raison de 40 jours par an et encore pendant toute la guerre, s'il était tenu par hommage-lige, notamment si la guerre avait lieu dans la seigneurie ; il devait être accompagné de son écuyer et d'un certain nombre d'hommes d'armes; il devait la garde du chàteau-fort de la seigneurie. Il ne pouvait se dispenser du service personnel qu'en cas de maladie, à condition d'envoyer une autre personne de sa condition en son lieu et place.

Toutefois, le principe du remplacement qui, de très bonne heure, fut accepté pour les tenures roturières et pour les vilains serfs ou d'origine servile, s'introduisit peu à peu parmi les fiefs. . La Royauté favorisa ce mouvement, surtout après les désastres du xiv« siècle; mais il n'eut jamais l'opinion publique favorable. Tous les États généraux du xv!*" siècle sont remplis par les plaintes du tiers état à ce sujet, aussi le père de Montaigne crut-il devoir faire les campagnes d'Italie. Michel Montaigne, son fils, n'en fit aucune.

4° En cas de minorité du vassal, la puissance du fief passait à un plus proche parent, avec les obligations à remplir. La tutelle féodale donnait lieu à de grands abus. Le Roi et les hauts seigneurs s'attribuèrent le droit de garde de mineur; souvent ils mirent la main sur ses revenus et ses biens, et, lorsque le mineur était une fille, s'emparèrent du droit de la marier. La protection due par le seigneur supérieur devînt souvent une oppression. Parfois même elle dégénéra en une sorte de taxation au profit du seigneur (1).

50 Au décès du vassal, l'aîné des fils le représentait sans exclure les droits des frères et sœurs; il prêtait l'hommage pour eux et les garantissait. C'était le droit de pariage qui modifiait le droit d'aînesse. Les ascendants ne pouvaient hériter du fief; propre héritage ne remonte pas, et ce, à raison du service militaire. A l'origine des temps féodaux, il en était de même des

(1) Glasson, ibidem, 4« \ol., 372, 6« vol., p. 19.

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