‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 192 sur 252 · LE MILIEU FÉODAL NOBLE · texte numérisé non relu

LE MILIEU FÉODAL NOBLE

avec son fermier ou son métayer. Il y a eu là, non seulement une conception, mais une vie d'ordre supérieur dont on retrouve l'intluence partout, dans les obligations du vassal, dans la fidélité, dans l'hommage, dans le respect, dans le concours, dans la défense du seigneur. De même le seigneur devait protection à la famille, aux enfants, à la personne du vassal. Le dévouement, le sacrifice même tenaient une place dans les liens sociaux. Il en résultait une solidarité extraordinaire. A la bataille de Monsen-Puelle, les deux frères Gentien, bourgeois de Paris, se firent tuer à côté de Philippe le Bel, en le défendant. Nous n'en sommes guère là aujourd'hui (1).

Le côté fiscal de la féodalité ne doit donc pas faire tort à son côté social; sur beaucoup de leurs terres, les seigneurs élevèrent de bonne heure des refuges, des hôpitaux, des asiles, qu'on retrouve au xvi^, même au xvii'= siècle.

Les divers droits féodaux n'étaient pas aussi onéreux qu'on pouvait le supposer, parce que beaucoup se compensaient. La hiérarchie féodale étant essentiellement territoriale, il arrivait sans cesse que la même personne, pour des domaines différents, était seigneur d'un côté, vassal d'un autre, arrière-vassal d'un troisième. Le roi lui-même, jusqu'en 1*89, s'est trouvé propriétaire de domaines pour lesquels il était vassal. 11 recevait d'un fait et payait de l'autre.

On ne saurait contester, eu égard à la stricte rigueur des coutumes sur les fiefs, que les droits de mutation entre-vifs et par décès ne soient réellement sortis du milieu féodal. Mais ce serait commettre une grave erreur que de leur attribuer pour origine exclusive le régime féodal; ils ont une autre origine, l'importance, les progrès, les revenus, la valeur de la propriété foncière en France au moyen âge (2). C'est pour n'avoir pas tenu compte de

(1) Borelli de Serres, Recherches : les Gentien. On peut lire dans le premier VDlume de M. Ad. Vuitry. p. 176, le dramatique récit du duel par lequel l'honneur de la comtesse du Gâtinais est vengé par le chevalier Ingclger, l'un des fondateurs de la maison d'Anjou; récit tout à fait féodal.

(2) Consulter sur ce sujet les études de M. le vicomte d'Avcnel, La fortune privée à travers sept siècles. Paris, 1894. Bien ^u'il y ait lieu de faire des réserves sur les résultats monétaires des études de M. le vicomte d'Avenel, son

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