DE L IMPOT CHEZ LES HEBREUX ET EN JUDEE
Les insliLutions hébraïques présentent un caractère tellement particulier que des doutes sur leur application ont pu être maintenus. Il faut toutefois reconnaître que les travaux récents sur les institutions de Sparte, même sur celles d'Athènes, ont montré que les institutions des Hébreux n'étaient pas plus singulières que celles des Spartiates (1) et des Athéniens.
1° Les Hébreux n'ont pas eu de monnaie frappée et les Juifs n'en ont connu et accepté que fort tard ; 2" de Moïse à David l'organisation politique des Hébreux a été toute républicaine et Ihéocratique. Après son institution, le pouvoir royal a toujours rencontré des barrières infranchissables; 3" le gouvernement , puis les rois devaient trouver dans les terres du domaine des ressources suffisantes; pas d'impôts, si ce n'est, plus tard, une part des dîmes; 4o durant toute leur vie nationale , Hébreux et Juifs se sont montrés réfractaires à l'impôt. Les impôts établis par Salomon, aggravés par Roboam ont été l'une des causes de la séparation des tribus et de la dispersion d'Israël; 5° jamais les Juifs n'ont consenti à accepter le tribut romain.
Ce qu'ils refusaient au gouvernement, surtout à l'étranger, Hébreux et Juifs l'accordaient volontiers à la rehgion ; 6*^ en outre des 48 villes, avec chacune un territoire, affecté à leur entretien, les Lévites ont droit à la dixième partie du produit brut des terres : c'est la véritable dîme. Elle est d'origine égyptienne, peutêtre mésopotamienne. Elle a deux raisons, l'absence de métaux
(1) Les règles des Esséuiens, qui out eu beaucoup d'influeuce sur le christianisme primitif, se rattachent au même ordre d'idées. — Keuan, Israël, 5« vol., 58. — Ce sout les débuts de la vie monacale eu Europe.