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CORVÉES

à la production, notamment pour le commerce de laines, considérable dès le xii'= siècle. L'un des plus grands bienfaits de la révolution de 1789, l'un des moins contestables, a été la liberté rendue au travail. M. Léonce de Lavergne, agronome si éclairé, n'était pas éloigné d'admettre que tous les progrès de la Révolution se ramenaient à la liberté du travail (1), surtout pour la production agricole.

Septième catégorie. — Corvées.

L'importance des corvées était très grande. Elles constituaient une charge bien plus lourde que les tailles. Elles provenaient, avec aggravation, des traditions romaines. Certaines d'entre elles étaient aussi bien à la charge des fiefs que des autres tenures, notamment la plus redoutable, le gîte ou le droit de procuration. Nous avons montré la nécessité et l'organisation de cette corvée dans les derniers temps de l'Empire romain. Elle était devenue plus nécessaire et plus lourde au moyen âge avec l'augmentation de la population, des territoires cultivés, et des personnes qui les réclamaient : le roi, les officiers, les seigneurs et leur suite, les évêques, les abbés mitres, les prévôts, les baillis. Brussel a donné la statistique de gîtes (gista) dans le domaine royal, avec le tableau des distances et des gîtes par villes, pour le roi, les évêques, les seigneurs, ainsi que l'évaluation en argent des dépenses. Il existait un rôle de gîtes sous Louis VIL Plus tard, le gîte fut converti en un impôt en argent et en nature. Le gîte ne comprenait pas seulement le logement et la nourriture pendant un certain temps et à certains moments ; mais, selon la tradition romaine, la fourniture, soit gratuitement, soit à des tarifs fixés par les seigneurs, de provisions, de moyens de transports. Cette corvée était donc fort lourde (2). Les corvées, proprement dites, étaient surtout appliquées aux domaines seigneuriaux et aux fiefs

(1) Introduction aux voyages d'Arthur Young ; comparer : 1" notre étude sur les œuvres inédites de Montesquieu, Journal des Économistes, 1894. — 2'',Seignobos. Le régime féodal en Bourgogne, la seignemie de Vergy.

(2) Brussel , ihidem\ tome I, p. 536. — Historiens des Gaules, XXII volumes, excerpta e rationibus ad mansiones et itinfra vegem »pectantia.

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