‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 220 sur 252 · SERVICE MILITAIRE · texte numérisé non relu

SERVICE MILITAIRE

0 sols par feu et un dixième de revenu; c'est bien l'impôt (1). On peut rattacher à la monnaie une autre pratique dont on retrouve les traces dans les comptes des rois au xiii^ siècle; cette pratique était féodale et seigneuriale; elle consistait à s'approprier à crédit des marchandises, des provisions chez les vassaux, tenanciers et marchands. C'étaient de véritables emprunts forcés; aussi dans les comptes des baillis on trouve des quantités de mutua contractés et remboursés; ces mu tua ont dû correspondre à un assez grand mouvement de capitaux (3).

Quatorzième catégorie. — Le service militaire.

Les récents travaux de MM. Langlois, Luchaire, Borelli de Serres, et les derniers volumes (XXII et XXIII) des Historiens des Gaules ont renouvelé en quelque sorte l'histoire des origines du service militaire en France (2). Le service militaire paraît y avoir toujours présenté de grandes difflcultés. Bien que la race celtique ait déployé des qualités guerrières remarquables, puisqu'elle a fait le fond des armées d'Annibal, de César et de Constantin, elle se pliait difficilement aux habitudes militaires ; aussi, dès que les armées romaines eurent quitté les Gaules, les Gaules restèrent désarmées ou à peu près; Germains, Sarrasins, Northmans, Hongrois purent les parcourir tout à leur aise; une anarchie générale, que Charlemagne ne parvint qu'à peine à dominer de son vivant, envahit tout le territoire; il fallut procéder à une organisation militaire sérieuse pour la combattre. Cette organisation a été l'élément principal du régime féodal qui représente une véritable révolution militaire. La terre, le fief, n'est que le prix du service militaire, le moyen de fixer l'homme à la terre et de l'intéresser à la défendre. C'est une prime payable en terre. Ce qui a pu se faire sans difficulté eu

(1) Glasson, ibidem, 132,5» vol.

(2) Langlois, Philippe le Hardi, Monographie remarquable, 1885, pages 348,365 ; les faits réunis sur l'armée royale au xnr siècle sont des plus curieux. — BorelU de Serres, Recherches, 467. — Historiens de France, 22« vol., scripta de feodis ad regem spectantibus et de militibus Ud exercitum vocandis sous Philippe Auguste ; Document des phts importants.

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