‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 222 sur 252 · TENURES ROTURIÈRES NON FÉODALES · texte numérisé non relu

TENURES ROTURIÈRES NON FÉODALES

aux termes féodaux; 2° la préférence que les rois et les hauts seigneurs donnent à des soudoyers, aventuriers, bandits, militaires de profession, tels que les bandes de Duguesclin; 3" les progrès dans la composition des armées, qui, dès Philippe le Hardi, ont une artillerie, un corps de génie, des remontes, des magasins, un corps du train, un corps de gendarmerie de forteresse.

Les chevaliers des fiefs, formant la cavalerie, tenaient encore la première place, mais les vilains des rotures et les bourgeois des villes, qui avaient fait bonne contenance à Bouvines, ne convenaient plus pour aller en Sicile et en Aragon, Les rois leur préféraient de l'argent; le service militaire se changea en une taxe. Cette taxe devint l'une des plus grandes ressources du Roi et des hauts seigneurs. Elle a préparé l'établissement de l'impôt royal, de la taille, qui avait un fondement militaire. On en retrouve la preuve dans les documents contemporains. Il y eut certainement parmi les riches bourgeois des villes des hommes fort braves, comme les Gentien, mais les familles bourgeoises devenaient difficilement militaires. Il en a été ainsi de la famille de Michel Montaigne.

Le service était très lourd; nombre de familles, possédant des fiefs acceptèrent le remplacement, même après que la règle générale de la solde eut prévalu pour toute l'armée; néanmoins, au point de vue militaire, les fiefs ont eu une influence décisive sur la formation des familles rurales qui ont constitué pour la France une inappréciable réserve militaire, fondement de son indépendance, garantie de son territoire, encore aujourd'hui (1).

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