‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 241 sur 252 · LE MOUVEMENT DES GÉNÉRATIONS · texte numérisé non relu

LE MOUVEMENT DES GÉNÉRATIONS

Les sujets de Tabbaye e'taient divisés en quatre classes : 1° Jes barons, au nombre de 30, pourvus de fiefs de chevalier, et ne devant que le service militaire; ce sont les vassaux de l'abbaye; 2° les censitaires libres, au nombre de 80, devant un cens territorial annuel peu considérable, à raison de chaque manse leur appartenant. Ils forment le conseil de chaque village et rendent la justice sous la présidence de l'intendant de l'abbaye; 3° les détenteurs de manses serviles qui, outre les cens et contributions, doivent trois jours de travail par semaine ; 4° les hommes n'ayant pas de manses, servant comme domestiques, nourris et entretenus, mais ne recevant aucun salaire; ce sont de véritables serfs.

On remarque tout de suite combien le progrès a été sensible en trois siècles. Les hommes libres (barons et propriétaires) ont une toute autre importance qu'au ix^ siècle; la servitude n'a pas disparu, mais la condition des colons serviles est nettement définie. Les barons, les censitaires libres représentent les hommes libres et les colons libres du ix« siècle; le colon libre est encore sur l'abbaye; il ne l'a pas encore quittée, mais il y est devenu propriétaire. Le colon servile possède à peu près la situation du colon libre au i^" siècle. Quant aux domestiques serviles, ils sont les derniers débris de la servitude.

Dans le langage du xiie siècle les colons serviles de la troisième classe représentent les main-mortables, les serfs questaux, ceux que leur condition attachait encore à la terre et que le seigneur pouvait faire quérir partout. Les hommes libres de la seconde classe deviennent les vilains, les roturiers, les hommes de pooste; leurs domaines, les censives ou biens roturiers ; milieu de la famille de Jeanne d'Arc.

Les Croisades ont amélioré la condition de ces deux classes d'hommes, celle des serfs questaux en les affranchissant et en les transformant en hommes de pooste, celle des hommes de ■ pooste en leur fournissant l'occasion d'acquérir des fiefs de chevalier, ceux des barons, et de se glisser lentement dans la société

compacts ; ils se précipitent vers les villes, les communes ; ils collaborent ô la création de la classe bourgeoise... a ils peuvent devenir nobles ».

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