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PRÉDOMINANCE DU CARACTÉUE FÉODAL

La Royauté capétienne est donc sortie du milieu féodal; elle a dû son plus grand lustre à son caractère féodal : Philippe-Auguste, saint Louis, Louis XII, François I", Henri II, même Henri IV ont été des rois féodaux. Dès que Louis XIV a enfermé ses descendants dans le harem de Versailles, la décrépitude s'est emparée de sa race (1). La popularité de la Royauté est provenue de son caractère féodal. A peine sa mission divine eut-elle pris corps avec le droit romain et les légistes du xiv« siècle, que, dès Philippe le Bel, la violence et la terreur, la fraude, les confiscations, la fausse monnaie, deviennent ses agents indispensables.

L'histoire de la Royauté capétienne se partage en trois périodes. La première finit avec Philippe le Hardi en 1283. C'est la véritable période féodale. La seconde finit avec Henri IV, c'est la période de la monarchie contrôlée; la troisième avec Louis XVI; c'est la seule période du droit divin ou de la monarchie absolue; elle aboutit à un désastre etfroyable. Néanmoins la Royauté capétienne, même absolue, n'est jamais parvenue à se soustraire complètement à l'influence de ses origines. Née féodale, elle est demeurée féodale en fait, sinon en droit.

Durant la première période, illustrée par les rois les plus remarquables, les Capétiens ont employé trois siècles à agrandir, par tous les moyens, la seigneurie splendide à laquelle ils devaient la Royauté et à faire de celte seigneurie, le modèle de toutes les autres. Malgré les extorsions de Philippe le Bel, l'impôt demeura purement féodal. Les premiers Capétiens n'ont pas entrepris de changer la société féodale, mais de l'améliorer. Les actes en matière d'impôt de Philippe-Auguste et de saint Louis, les plus éminents d'entre eux et de tous les rois de France, ont nettement indiqué leur politique.

Durant la seconde période, qui a aussi une durée de près de 300 ans, surtout avec Philippe le Bel, Charles V, Charles VII et Louis XI, la Royauté a essayé de modifier les conditions politiques et sociales de la France; elle n'y est parvenue qu'imparfaitement. Après la mort d'Henri I\', il a fallu avoir encore re-

(1) D'Arbois de Jubainvlllc, ibidem, Mœurs de Louis XIV, pages 50-57.

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