‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 37 sur 252 · LES IMPÔTS ET LES PRIX · texte numérisé non relu

LES IMPÔTS ET LES PRIX

El il conclut : '< si nous voulions rendre l'impùt plus léger qu'il « n'est d'après les principes de Yao et de Chun (qui exigeaient u le dixième du produit) nous deviendrions nous-mêmes barba- « res(l). » Par où on voit que les grandes discussions d'impôts, de leurs reflets et de leur incidence ne sont pas nouvelles, puisque Mencius et ses interlocuteurs les ont entamées il y a près de 24 siècles.

Dès l'époque de Confucius et de Mencius s'agitaient déjà en Chine les problèmes économiques et sociaux qui ont éclaté en Europe au xiii^ siècle, au xvi^ et de nos jours. A beaucoup d'égards, la Chine serait autorisée à nous conside'rer de la manière dont les prêtres d'Egypte, au dire d'Hérodote, parlaient des Grecs. La théorie très-moderne des avantages des gros budgets à raison de la réversibilité des impôts est contenue dans les observations de Mencius.

Mencius n'est pas moins exact quant à la nature des prix. « Si « vous donnez à toutes choses une valeur proportionnée d'après « seulement la quantité et la grandeur, vous jetez le trouble dans « l'Empire, l'inégale valeur des choses est dans la nature même « des choses. »

De même Mencius n'a pas attendu l'apparition d'Adam Smith pour reconnaître et signaler la loi supérieure, la loi fondamentale fie la division du travail et de la séparation des fonctions contre laquelle devaient s'insurger le socialisme chinois au xiii'^ siècle et le socialisme contemporain, (c une seule personne en cultivant i< sa terre prépare (au moyen des échanges) les objets que tous « les artisans confectionnent. Si vous étiez obligés de les con- « fectionner vous-mêmes pour vous en servir ensuite, ce serait (( forcer tout le monde à être sans cesse sur les chemins. C'est « pourquoi il est dit les uns travaillent de leur intelligence, les « autres travaillent de leurs bras. Ceux qui travaillent de leur « intelligence gouvernent les hommes, ceux qui travaillent de « leurs bras nourrissent les hommes. C'est la loi universelle de

(1) Mencius, llv. II. ch. vu, p. 222. Comparer, liv. II , ch. iv, p. 275, la série des appointements.

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