LA CIVILISATION DE LA CHINE ANCIENNE
« histoire abrégée de la Chine (1), sont encore aujourd'hui ce « qu'ils étaient il y a 4000 ans , lorsqu'ils présidaient à la vie .< pastorale des tribus de la plaine du Chen-Si ; car, de tous les « gouvernements dont l'histoire du monde nous a conservé le « souvenir, aucun n'a eu la même stabilité que celui de la Chine. « On a pu ajouter à la même machine gouvernementale quel- « ques rouages nouveaux; elle a pu être arrêtée ou endommagée « dans l'une ou l'autre de ses parties; mais elle a toujours été « ramenée dans la même ornière, sans aucune modification « essentielle. Des insurrections, des révolutions, des invasions w ont sans doute quelquefois précipité du trône (2) des familles « anciennes et les ont remplacées par d'autres ; mais ce n'étaient là « que des événements accidentels et qui ont cédé la place aux << usages antiques... Le peuple chinois est encore divisé offl- « ciellement en quatre classes (comme dans le Chu-King) : 1" les « lettrés ou la noblesse; 2" les agriculteurs; 3» les industriels; « 4° les commerçants. Les charges qui pèsent sur le laboureur «< sont plus légères que partout ailleurs et consistent seulement « en un dixième du produit de la terre (3). Le souverain étant «< considéré comme le propriétaire unique de tout le territoire de « l'Empire, il n'y a pas parmi ses sujets de propriétaires fon- (' ciers; cependant, quiconque est en possession d'une terre peut <( être sûr de la conserver aussi longtemps qu'il remplira les « conditions auxquelles elle lui a été concédée ». En 1887, le missionnaire américain Wilson a visité le domaine sur lequel habite la famille illustre et toujours vénérée de Confucius depuis 24 siècles.
Il en a été de la Chine ancienne, comme de l'Inde ancienne; elle a traversé une époque de très-grande prospérité agricole. Cette époque est antérieure à Confucius (551-479 A. G.), elle s'est prolongée longtemps après lui. A cette prospérité a corres-
(1) Paris. Desbarres, éditeurs , 1860. Histoire complète de l'empire de la Chine depuis ses origines jusqu'à nos jours.
(2) Ibidem, 181, 178. Comparer Mencius, livre II, chap. i, Chu-King, partie IV, chap. XV.
(3) C'est pourquoi si quelqu'un se concilie l'afEection du peuple de campagne il deviendra le fils du ciel, chap. vin, n. 1, livre II,