‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 51 sur 252 · LACÉDÉMONE ET LES SPARTIATES · texte numérisé non relu

LACÉDÉMONE ET LES SPARTIATES

que; elles paraissent néanmoins en contradiction absolue avec les idées qui ont prévalu plus tard dans l'organisation de l'impôt. En y regardant de plus près au surplus, en comparant les institutions de Lacédémone avec celles de Rome, même avec celles d'Israël, on retrouve des lignes communes, des rapprochements qui permettent de se rendre compte de la nature de l'organisation sociale des Lace'démoniens. Entre Lacéde'mone et Rome, notamment, la ressemblance est remarquable. L'une et l'autre sont des aristocraties, des aristocraties militaires; elles représentent l'un des deux grands mouvements politiques et sociaux qui se sont produits dans les Etats du bassin de la Méditerranée lors de l'amoindrissement, puis de la disparition de l'influence et de l'autorité des anciennes familles royales. Elles n'ont pas eu la même destinée, parce que la situation géographique de Sparte ne comportait pas les ressources que Rome a rencontrées dans l'Italie centrale et que la Grèce n'offrnnt pas la même unité que l'Italie, Sparte a eu à lutter contre un Etat plus important, mieux situé et appelé à lui résister. Cet Etat a été l'organe du second de ces deux courants, le courant démocratique. Malgré l'incomparable supériorité d'Athènes dans la marche de la civilisation hellénique , malgré la place brillante qu'Athènes a conservée pendant 3 à 6 siècles sous la domination romaine, Athènes n'a pas été pour la Grèce l'état modèle, l'état type , l'état directeur. Son influence est restée extérieure, coloniale, maritime, artistique, civilisatrice; dans la Grèce même, elle n'a jamais obtenu la prépondérance (1). C'est que le courant aristocratique était plus puissant en Grèce que le courant démocratique. Les démocraties d'Athènes , de Corinthe et de quelques îles de l'Archipel ont été de brillantes exceptions, mais des exceptions; des foyers splendides, mais qui se sont éteints. En Grèce, comme en Italie, le courant aristocratique était le plus fort. Il a montré toute sa puissance avec l'aristocratie romaine; il a survécu à l'empire romain. C'est ce courant qui, à la chute de l'empire romain, a

(1) Schœmann, Antiquités orecques:, 1" vol., 220. « Les Spartiates resb'Tcnt les maîtres et par suite fut écrasée dans tous les Etats la démocratie qui avait eu Je dessus durant l'hégémonie d'Athènes. »

Page 1