LES CONDITIONS DU MILIEU
dû prendre et a conserve', pendant plus de dix siècles, la conduite de la civilisation en Europe. Comme rien ne reflète mieux les mouvements généraux des nations que l'Iiistoire de l'impôt, il nous sera possible de reconnaître, plus d'une fois, par l'histoire de l'impôt, les grandes lignes de la direction générale des peuples européens.
La singularité des institutions de Lacédémone, leur opposition avec celles des peuples actuels expliquent les critiques qu'elles ont provoquées et le scepticisme avec lequel on les a traitées. Les textes les plus clairs ont été torturés, détournés de leur véritable signification. L'ouvrage, si curieux, de Xénophon lui a été contesté. La vie de Lycurgue par Plutarque , l'une de ses meilleures biographies, a été considérée comme légendaire. Lycurgue est devenu une sorte de personnage mythique comme Orphée ou Minos. Les progrès des études archéologiques , la comparaison des institutions primitives des races et des peuples ont détruit ces critiques. Loin de perdre de leur importance, les plus vieilles traditions, les plus anciens textes que Plutarque nous a conservés en ont acquis une plus grande; le témoignage de Xénophon, cet illustre et parfait représentant de la civilisation hellénique aux jours de son plus bel épanouissement, est aujourd'hui considéré comme l'une des sources les plus authentiques et les plus précieuses de l'histoire de la Grèce (1).
§ 2. Les conditions du milieu.
Quelques mots sur le territoire. La terre de Pélops forme un quadrilatère irrégulier de 22,201 kil. carrés, habité aujourd'hui par 800,000 habitants. Il ne devait pas être aussi peuplé à l'époque de la grandeur de Lacédémone. La Grèce renaît, et cette renaissance, de même que celle de l'iLalie (2), est un terrible argument contre la théorie de la dégénérescence et du remplacement des faibles races par les plus fortes. Le sol est toujours fertile :
(1) 1° Gouvernement des Lacédémonieiis ; 2° Agésilas.
(2) La population actuelle de l'Italie est au moins quadruple de ce qu'elle était après les guerres puniques, époque de sa plus grande prospérité sous les Romains.