LES POPULATIONS
térieures. — Les Périèques et les Hilotes; les Péiièques tenanciers à divers titres et les Hilotes cultivateurs des terres. Les uns elles autres ont constitué le fond de la population du Péloponèse jusqu'à la ruine de l'hégémonie des Spartiates. Les Périèques reçurent progressivement 30,000 lots de terres à titre de tenanciers hére'ditaires, moyennant des redevances perpétuelles, mais fixes, envers l'Etat. Ils durent les cultiver eux-mêmes avec le concours de quelques esclaves — mais il leur fut permis d'habiter les villes, de se livrer à l'industrie et de faire le commerce (1). En outre, ils furent tenus de faire le service personnel des Syssities ou repas en commun des Spartiates. Quant aux Hilotes, ils devinrent des serfs, charge's de la culture de 9,000 lots de terres attribués aux Spartiates, dont ils avaient à assurer l'entretien moyennant aussi des redevances déterminées. Certains Hilotes, inférieurs aux autres, cultivaient les terres de l'Etat.
Rien d'excessif dans ces arrangements (2). Dans l'Inde, la condition des Coudras était pire que celle des Hilotes; la situation des Périèques était meilleure que celle des Fellahs de l'Egypte romaine. Les Espagnols se sont montrés autrement inexorables envers les propriétaires et cultivateurs du Mexique et du Pérou. Grâce à la fixité des redevances, Périèques et Hilotes ont pu grandement améliorer leur sort. Ils sont devenus les soldats d'Aratus et de Philopémœn. Avec le temps, leur droit de possession s'est changé en droit de propriété.
Les Périèques ne sont pas complets propriétaires ; ils ne peuvent vendre leurs droits qui se transmettent dans leurs familles de mâle en mâle par les successions ou adoptions ; s'ils sont adoptés par un Spartiate, ils entrent dans la classe supérieure, les Hilotes peuvent être affranchis. Ils prennent alors le nom de Molhaces ou de Néodamodes. S'ils sont adoptés après avoir été les servi-
(1) il. O. Huiler cite plusieurs de ces villes. Il en compte 24. Avec le temps les Périèques devinrent le principal élément de la population urbaine des Lacédémonieus, 2' vol., chap. u. — Schœmann, ibidem , 236.
(2) O. Muller, 2" vol., p. 31. — Il serait facile d'établir des rapprochements entre le.s conditions diverses des Gallo-romains de classe inférieure, les Périèques, les Hilotes.