RÉSISTANCE DES SPARTIATES
<( cédémone, c'est la disproporlion des propriétés; les uns pos- « sèdent des biens immenses, les autres n'ont presque rien; et « le sol est entre les mains de quelques individus (1). »
Cet état de choses s'est maintenu bien au delà de l'époque d'Arlstote. Aristote ne comptait plus de son temps que 2,000 Spartiates ; moins d'un siècle après, il n'y en avait plus que 700, sur lesquels un septième seulement était propriétaire de fonds. « Tout « le reste n'était qu'une multitude indigente qui, languissant à « Sparte dans l'opprobre et se défendant au dehors avec mollesse « contre les ennemis qu'elle avait à combattre, épiait sans cesse <( l'occasion d'un changement qui la tirât d'un état si mépri- « sable (2). » Néanmoins les Syssilies duraient encore, elles étaient devenues des sortes de bureaux de bienfaisance où les pauvres vivaient aux frais des riches. Ceux-ci envoyaient toujours les redevances sans en prendre leur part.
L'occasion recherchée par les pauvres se présenta sous les rois Agis III et Cléomène qui provoquèrent un mouvement social et agraire du même ordre que celui des Gracques. Agis III échoua, mais il n'en fut pas de même de Cléomène. Il bannit quatre-vingt Spartiates les plus riches, s'empara de leurs terres, procéda à une nouvelle répartition, renversa lesEphores, renouvela les Syssities et composa une armée avec laquelle il attaqua la ligue achéenne. Epoque décisive dans l'histoire de la Grèce ancienne. Les Achèens n'étaient autres que les Périéques , les Mothaces, les yéodamodes, les Hilotes, coalisés contre les Spartiates, mortels ennemis d'un état de choses établi pour les condamner à une infériorité ou à une servitude perpétuelles en vue de garantir la domination des Spartiates. Lacédémone avait été brisée en fait à Leuctres et à Mantinée. La ligue achéenne en était sortie. La division inhérente à la race hellénique, n'en devint que plus grande. Elle prépara l'asservissement et le dépérissement de la Grèce, dont la décadence datait de la guerre du Péloponèse.
D'autant plus que les Hilotes se séparèrent à leur tour des Pé-
(1) Ibidem, § 11.
(2) Plutarque, Agis, § 6.