‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 60 sur 252 · H8 COMPARAISON DES INSTITUTIONS DE LACÉDÉMUNE · texte numérisé non relu

H8 COMPARAISON DES INSTITUTIONS DE LACÉDÉMUNE

Les points de repère n'ont pas moins d'importance avec le peuple romain, quoique sur un théâtre autrement vaste. Point de chimère dans la conception romaine; l'égalité a été et est demeurée inconnue aux Romains, même entre compagnons militaires. Que de ressemblances en ce qui est de l'éducation militaire, de la formation d'un soldat inébranlable dans la défaite comme dans la victoire, non point d'un mercenaire, mais d'un soldat citoyen actif, qui, rentré au foyer, vote et au besoin parle, à Rome du moins; en ce qui est aussi d'un gouvernement sérieux, énergique, en ce qui est de l'esprit de guerre, de conquête, de butin. Le Spartiate se fera entretenir par les Hilotes, les Périèques paieront seuls l'impôt; viendront aussi les temps, qui dureront près de huit siècles, pendant lesquels le citoyen romain se fera également entretenir par les peuples vaincus. Les citoyens romains ne mangeaient pas en commun, mais ils consommaient néanmoins blés, huile, vin, lard d'Egypte, de Sicile, d'Afrique, de Gaule, de Grèce?

Au xvi*' siècle, les Espagnols ont également eu leurs Périèques et leurs Hilotes au Mexique, et dans les diverses viceroyautés de l'Amérique du Sud. Si les rois d'Espagne recevaient, chaque année, les galions de Cadix, les propriétaires des Haciendas exploitaient le travail des Indiens, réduits à bien moins que ce qui restait aux Périèques et plus maltraités que les Hilotes.

En Irlande, les landlords ont certainement traité les fermiers celtes plus mal que n'étaient les Périèques, peut-être même que les Hilotes; et même en .\ngleterre, en Ecosse, jusqu'aux grandes réformes de Pitt en 1798 et de Robert Peel en 1846, les lords anglais recevaient des rentes colossales sans payer à l'Etat aucun impôt en rapport avec leur part dans le revenu territorial.

Enfin, dans une partie de l'Inde, le gouvernement anglais se montre certainement plus rigoureux que Sparte ne l'était envers les Périèques ; car il peut augmenter les rentes comme maître et seigneur supérieur, tandis que les redevances étaient immuables à Lacédémone.

Ce qui a le plus mal tourné à Lacédémone, c'est le système

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égalilaire, le but socialiste et communiste, entre Spartiates seuls, qui enchantait Platon et Xénophon, peut-être même Plutarque, mais qui, après avoir détruit la race, a détruit l'Etat.

Il serait injuste toutefois de méconnaître la grandeur de Lycurgue , de Sparte et des Lacédémoniens. Cette grandeur a été saluée par toute la Grèce et par ses esprits les plus éminents , Thucydide, Aristote, Platon, Xénophon, Plutarque ; c'est un témoignage qui doit rendre circonspect. Tous ont mis leur règle (Rhetra) bien au-dessus des institutions ultra-démocratiques d'Athènes. Tous ont pensé, ont écrit que Lacédémone avait proposé à l'homme un idéal supérieur et formé des hommes plus complets. Platon dit qu'avec quelques changements on aurait pu faire du gouvernement de Lacédémone un gouvernement parfait. Platon ne l'aurait certainement pas perfectionné par les réformes qu'il a accumulées dans les cinquième et huitième livres des Lois. Après avoir interdit la monnaie d'or et d'argent, les prêts, les emprunts, le trafic, les mines, les hôtelleries, les ventes, les achats si ce n'est en public, les douanes, il règle les raisins, les poires, les pommes, tout comme Fourier. Sur un point cependant, sur l'impôt, il se sépare des Lacédémoniens et donne raison aux Athéniens. Xous sommes ainsi conduits par Platon lui-même à Athènes.

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