LA PRODUCTION ET LA RICHESSE
Xénophon aurait décrit la situation actuelle de l'Angleterre qu'il n'aurait pas mieux dit. Athènes vivait donc des profits du commerce maritime. Ils étaient alors restreints, car il fallait les partager avec Corinthe, Tyr, Carthage, Syracuse, Marseille, Byzance. Les fortunes se constituaient lentement; elles étaient rares; elles demeuraient précaires. Les moyennes variaient de 3 à 5 talents. Ceux qui avaient 8 talents passaient pour riches; avec 12 talents on était classé dans les grandes fortunes. Le père de Démosthènes laissa 14 talents sans les femmes esclaves. Nicias, qui passe pour avoir eu une des grandes fortunes d'.Athènes, était évalué à 100 talents (350,000 fr.). On citait encore le banquier Pasion 70 talents, Conon 40, Isocrate 30, Diphile 160, la famille Callias dans laquelle entrèrent Périclès et Alcibiade; ces fortunes étaient exceptionnelles. La masse était pauvre. Cette pauvreté fit de grands progrès après la guerre du Péloponèse. D'après Cicéron, dès le temps d'Alexandre, 50 talents étaient considérés à Athènes comme une très -forte somme. Lorsqu'Antipater expulsa tous les citoyens, qui avaient moins de 2,000 drachmes (1,800 fr.), 12,000 personnes sur 20,000 furent frappées.
Au temps de Démosthènes avec un revenu de 5 mines la vie était difficile (1) ; Socrate, qui n'avait pas davantage, vivait dans la gène, n'avait qu'un vêtement et marchait nu-pieds. Bœckh évalue à 400 fr. par an la dépense d'une famille pauvre de quatre personnes. Sur cette dépense la nourriture, très-modeste , représentait près de 300 fr.
Les salaires étaient, en général, très-bas à cause de la concurrence du travail des esclaves. Ils ne dépassaient guère par jour 3 à 4 oboles pour le travail agricole; légèrement supérieurs dans la petite industrie, assez prospère, ils devenaient très-élevés pour les professions libérales : Médecins, sophistes, acteurs, musiciens , architectes (2).
(1) La mine valait 91 fr. 66, la drachme 0 fr. 92, l'obole 0 fr. 15, Bœckh, 1 vol., chap. viiL, xui, XIV, XV.
(2) Bœckh, !'•■ Vol., liv. I, chap. xx-xxi, qui comptent parmi les meilleurs do cet ouvrage supérieur même 80 ans après sa publication.