‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 66 sur 252 · DÉPENSES MILITAIRES · texte numérisé non relu

DÉPENSES MILITAIRES

Bœckh évalue la dépense du Théoricon (assistance aux théâtres) de 25 à 30 talents par an, celle du Triobolon à 150, celle des oboles de l'assemblée de 30 à 35 talents, ensemble 205 à 210 talents; c'était une véritable liste civile d'environ 1,100 à. 1,200,000 fr.

Enfin la marine et l'armée. Athènes n'était pas un camp comme Lacédémone; néanmoins la guerre y formait, comme dans tous les Etats de l'antiquité, la ressource principale (1). Tous les beaux monuments d'Athènes ont été payés au moyen de contributions de guerre. Tout le butin appartenait à l'Etat, sauf le dixième revenant à la Déesse. Le droit du vainqueur était absolu : prisonniers, femmes, enfants, parents, esclaves, biens tout leur appartenait. Très-rarement il y substituait une contribution. De là des institutions fiscales très-curieuses sur lesquelles nous allons revenir.

Les dépenses militaires et permanentes étaient celles des arsenaux , des vaisseaux et de la cavalerie. Il n'y avait à Athènes, ni flottes, ni équipages, ni troupes d'infanterie organisés et entretenus en temps de paix.

Tout citoyen devait le service militaire, surtout à la mer.

En temps de guerre les dépenses étaient très-élevées ; sur terre, il fallait payer assez cher un grand nombre de mercenaires comme à Carthage (2). Sur mer, il fallait fournir la solde et les vivres. Le peuple était belliqueux, parce que la guerre devait être profitable. Le goût, l'habitude de la piraterie (3), invétérés chez les Grecs, étaient un ferment permanent de guerre : « semblables à des pirates, dit Bœckh, les Athéniens rôdaient « de tous côtés pour subvenir aux frais de la guerre )>. Les héros grecs Ulysse Thémistocle, Alcibiade étaient de grands pirates : pirates sur mer, pirates sur terre. La guerre héroïque de l'Indépendance, en 1821, qui devait attester la résurrection de la Grèce, a été une guerre de pirates.

(1) Bœckh , liv. II, chap. xxi ù. xxiv.

(2) Sur les mercenaii-es consulter Bœckh, vol. 1, p. 438.

(3) Sur la pu-aterie, Petit tie JulIevUle, La Grcee sous la domination romaine, chap. IX, Bœckh, Liv. III, chap. xvii.

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