‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 72 sur 252 · LES CLASSES SOCIALES · texte numérisé non relu

LES CLASSES SOCIALES

appartenant au temple de la Déesse à Athènes étaient afferme'es au dixième.

u Les habitants de la montagne, dit Plutarque, demandaient « un gouvernement populaire; ceux de la plaine préféraient un « état oligarchique et ceux de la côte, portés vers un gouverne- « ment mixte, tenaient la balance entre les deux partis. Dans le « même temps, la division, que cause presque toujours entre les « pauvres et les riches l'inégalité de fortune, était plus animée « que jamais dans la ville... Les pauvres, accablés par les dettes « qu'ils avaient contractées envers les riches, étaient contraints « de leur céder le sixième du produit de leurs terres; ce qui « leur faisait donner le nom de sixenaires ou de mercenaires; « ou bien réduits à engager leurs propres personnes, ils se <c livraient au pouvoir de leurs créanciers qui les retenaient « comme esclaves ou les envoyaient vendre en pays étranger. <( Plusieurs même étaient forcés de vendre leurs propres en- « fants (i). »

Ces excès caractérisent les civilisations anciennes de la Grèce et de Rome. Ils ont été inconnus à la Chine, moins grands dans l'Inde et dans les monarchies orientales; c'est dans la Grèce et à Rome que l'esclavage a été le plus terrible. De même l'esclavage des noirs aux xvii® et xvin^ siècles a eu un caractère plus dur chez les peuples chrétiens que l'esclavage dans les Etats musulmans. L'éclat extérieur de ces civilisations aristocratiques , Phidias et Euripide, Démosthènes et Aristote, Cicéron et Horace ne doivent jamais faire perdre de vue les violences et les souffrances intolérables des milieux dont ils ont été les reflets.

Solon a exercé sur les institutions et les destinées d'Athènes une influence de la même nature , que celle de Lycurgue à Lacédémone, ou que Servius Tullius à Rome. Les lois appropriées à une aristocratie militaire ne pouvaient convenir à un petit Etat où les intérêts du commerce et de la marine primaient tous les autres. Il abolit le servage; il améliora la condition des trois dernières tribus; il supprima la contrainte par corps et par suite la vente de la personne du débiteur et de celle de ses enfants

(1) Plutarque, Vie de Solon , i hi. ».

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