REFLETS ET INCIDENCE DES IMPÔTS INDIRECTS
des domaines de quelques grands propriétaires, alors qu'Athènes conservait encore l'activité, l'éclat et les ressources d'une ville de premier ordre.
I. Incidence des impôts indirects. — Parmi les impôts indirects sont comprises les taxes de consommation. Dans les Etats modernes ces taxes ont une très-grande importance à raison de leur incidence. Dans un Etat esclavagiste comme Athènes, cette incidence est moins générale, puisque l'immense majorité de la population est servile. L'effet de l'esclavage est de rejeter l'impôt sur les maîtres, par la raison que l'intérêt du maître est de conserver sa chose. Sans doute, l'esclave est réduit au strict nécessaire; mais le maître lui procure ce nécessaire afin de ne pas laisser péricliter sa chose. La situation n'était pas la même à Lacédémone, ni dans les autres Etats de la Grèce où la propriété rurale formait la principale ressource de l'Etat. Les esclaves y étaient peu nombreux; à côté d'eux vivaient des colons à redevances fixes en nature. Pour ces colons, certaines taxes de consommation, par exemple, les droits de douane ou les taxes d'octroi ou de marché, si elles frappent d'autres objets que ceux qu'ils produisent, peuvent porter sur eux sans répercussion possible, précisément à raison de la nature et de la fixité de leurs redevances. Leur servitude est limitée; ils ont une part de liberté et de responsabilité; par suite, il leur incombe une part d'impôt. D'où il faut conclure que les droits de douane, ceux de port, ceux d'octroi et du centième denier, ceux de justice, dans le milieu esclavagiste d'Athènes, restaient à la charge des citoyens et des Métèques, c'est-à-dire en ne tenant compte que des chefs de famille, de 30,000 personnes environ.
Quels étaient ou quels pouvaient être leurs reflets entre ces 30,000 personnes? Il faut distinguer entre les taxes de consommation et les frais de justice.
Dans une ville, et même dans un petit Etat de commerce comme Athènes, où il fallait importer la moitié de la nourriture de la population , les taxes de consommation incombaient aux consommateurs ; par suite , elles pesaient plutôt sur les pauvres que sur les riches; d'autant plus qu'à Athènes, à raison des institutions, c'est le riche qui travaille et qui gagne,