‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 81 sur 252 · INCIDENCE DE TAXES PERSONNELLES · texte numérisé non relu

INCIDENCE DE TAXES PERSONNELLES

selon la remarque d'Aristote; c'est le pauvre qui va à l'assemblée, dans les tribunaux et qui y passe sa journée moyennant le triobolon que sa fille, quand il rentre au logis, lui arrache des dents, selon l'expression si pittoresque et toujours exacte, d'Aristophane (i).

L'incidence du centième denier sur les biens-fonds n'était pas aussi rigoureuse; néanmoins les pauvres le supportaient en partie sur leurs maisons et sur leurs lopins de terre.

A qui incombaient les frais de justice et les amendes? Ils se répartissaient en partie sur toutes les classes, car la manie du procès était générale à Athènes, particulièrement chez les pauvres; malgré cela le lot le plus élevé devait être à la charge des riches, incessamment attaqués, accusés, enviés, visés et toujours sur le qui-vive. Le pauvre, d'ailleurs, ne pouvait i eaucoup contribuer à remplir la caisse des amendes.

II. Incidence des taxes personnelles. — Entre les citoyens et les Métèques, il s'agit de rechercher, d'abord, si les Métèques pouvaient réfléchir sur les citoyens les taxes particulières auxquelles ils étaient soumis. Les Métèques nous donnent assez exactement l'idée des colonies des Européens à Alexandrie, à Buenos-Ayres, à San-Francisco. Ils étaient nombreux à Athènes et considérés, ce qui était vrai, comme une grande ressource. Ils travaillaient et s'enrichissaient au lieu de gouverner. C'est ce que comprenait fort bien Xénophon et c'est ce qu'il a dit dans son chapitre sur les Métèques à Athènes : <( C'est là, selon « moi, un magnifique revenu, attendu que les Métèques en se « nourrissant eux-mêmes et en procurant aux villes de grands « avantages ne perçoivent rien et nous paient, au contraire, le « droit de domicile (2i ». Xénophon se trompait, quand il disait que les Métèques ne percevaient rien; ils réalisaient, au contraire, à Athènes des bénéfices qu'ils y venaient chercher et que les Athéniens, moins occupés déjuger et de gouverner, auraient

(1) Dans les sociétés esclavagistes le pauvre n'est pas le même que dans les sociétés modernes. C'est ce qui explique les luttes sociales dans les civilisations grecque et romaine. Le pauvre c'est le citoyen politique actif. — Bœckli, 2« vol., liv. IV, p. 270.

(2> Revenus, chap. xi.

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