‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 92 sur 252 · SA LONGUE INFLUENCE · texte numérisé non relu

SA LONGUE INFLUENCE

la résistance des Barbares et de tout individu militaire à l'impôt. Il en fut de même pour le Musulman (1).

La portée de cette altération dans l'idée et le caractère de l'impôt a été immense. On peut juger, d'après ces quelques réflexions, de tout l'intérêt qui s'attache à cette troisième époque de l'histoire des institutions fiscales romaines. Correspondant à un changement profond dans les forces productives de l'Europe, dans l'expansion simultanée de la propriété foncière rurale, dans la mise en valeur du sol et dans les formes du travail, ces nouvelles institutions, comme il en avait été en Orient, prirent un caractère de durée tel qu'elles ont persisté , notamment en France, qui était la contrée de l'Europe qui avait fait le plus de progrès, jusqu'en 1789, malgré des transformations diverses. La tendance fut de mettre au premier rang l'impôt sur la terre , l'impôt foncier et de le faire supporter non plus par le propriétaire , qui en devint exempt, mais par les cultivateurs. Même, pendant de longs siècles, les propriétaires s'emparèrent de cet impôt et le confondirent avec leur part dans la production. D'abord, cette confusion dut cesser, mais l'exemption d'impôt persista plus longtemps. Dans les parties les plus complètement romanisées de l'Europe, l'Italie, la France et quelques régions de l'Allemagne occidentale, les traditions et les répartitions fiscales romaines subsistent encore.

Nous avons montré quels rapports étroits existaient entre les institutions sociales et politiques de la Grèce et ses institutions fiscales , comment avait lieu l'incidence des impôts dans des milieux souvent dissemblables, malgré des rapprochements inévitables ; les mêmes recherches ont été faites pour d'autres peuples, quoique plus difficilement, à raison de la pénurie des documents.

Les documents sont plus abondants, plus précis pour ce qui concerne les Romains. Ils ont été fouillés, étudiés , discutés par des maîtres qui n'ont pas laissé beaucoup à refaire après eux. Il est donc plus facile de présenter un état exact des impôts chez les Romains et d'étudier leur incidence. Mais la facilité n'enlève rien à l'importance du sujet parce qu'il est plus varié et plus vaste.

(1) Auasi le tnbatum ex cetimi caractérise-t-U le cito.vcn romain ; lui seul le paie, c'est l'impôt des civ^iuin romanorum.

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