‹ L'impôt dans les diverses civilisations (volume 2)Chapitre 93 sur 252 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DES IMPÔTS ROMAIjNS JUSQu'a LÉTABLISSEMEiNT DE l'eMPIRE.

§ 1. Premiers temps.

Les travaux des historiens et des juristes de la seconde partie de notre siècle, en particulier ceux de Mommsen, de Marquardt, de Savigny, de Humbert, de Dureau de la Malle, des savants rédacteurs du dictionnaire archéologique de Daremberg , ont remis à leur rang les éléuients fondamentaux de la société romaine primitive. Les critiques de Beaufort , de Niebhur, de Micheletmème ont été délaissées. Ces éléments primitifs étaient la terre, la propriété foncière, les propriétaires ou guirites portant la lance comme le Spartiate, le roi et la guerre. La guerre pour s'emparer de la terre, comme font encore tous les peuples. Sur une petite échelle , Sparte a procédé comme Rome ; quant à Athènes, la nature de son territoire la réduisait à peu près au commerce. Elle n'a jamais été, malgré nos illusions classiques, le peuple prépondérant en Grèce. Son territoire ne lui donnait pas la prépondérance. Elle a tenu le sceptre des arts, des lettres, des sciences, mais l'État directeur de la politique des Hellènes, c'est Sparte, établie au centre du Péloponèse; c'est l'État grec miUtaire par excellence. Il ne faut pas seulement dire que les Romains ont eu en vue de faire un grand empire, mais, de même que les Anglais, les Américains et les Russes, de mettre surtout la main sur la terre, d'étendre, autant qu'ils le pourraient, leurs propriétés territoriales. A côté des quirites portant la lance et combattant au premier rang dans la légion, tout comme les Spartiates, se trouvait une autre population qui ne pouvait ni acquérir, ni tester, ni adopter, ni porter la lance, ni combattre, et qui ne devait ni l'impôt, ni le service mihtaire, mais cette population n'était pas tenue de cultiver le sol et d'en-

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Iretenir les quirites. D'où la supériorité romaine sur les éléments de la société grecque (1).

§ 2. àé formes de Servhis Tullius.

Le temps rapprocha nécessairement les divers éléments du peuple romain. L'œuvre de Servius Tullius, l'une des plus curieuses physionomies des anciennes civilisations, a consisté à cimenter le rapprochement. Nul législateur n'a eu plus d'action sur les destinées d'un peuple. M. Mommsen pense que cette œuvre s'est faite sous l'influence de la Grèce et des réformes de Solon à Athènes. Elle est à la fois politique et fiscale (2). Voici l'œuvre politique : les habitants de Rome sont classés d'après leur fortune et non d'après leur origine, par suite les riches plébéiens vont marcher de pair avec les quirites. La population est partagée en 193 centuries. La première classe comprend 98 centuries et tous les habitants possédant au moins 100,000 as, soit 8,000 fr. L'aristocratie de richesse remplace celle du sang. C'est le principe de la grandeur de l'aristocratie romaine comme celui de l'aristocratie anglaise. Leurs œuvres parlent pour elles; puis viennent trois autres classes avec un avoir différent, mais tenues au service militaire. Dans la sixième classe sont réunis tous ceux ayant moins de 11,000 as, pas de service militaire. Chaque classe a un armement différent. La première seule est tenue au plus complet. Cette réforme politique

(1) Bibliographie. — 1° Mommsen ; Histoire romaitie, traduction Alexandre;

— 2" Bmay, Histoire des Romains, 7 volumes; — 3" Hichclei, Histoire romaine ;

— Marquardt et Mommsen, Handbuch Romischerecht, Finanz Wesen, 2" volume, traduction Vigie, L'organisation financière chez les Romains, 1888; — 5» Dictionnaire Saglio et Daremberg, articles : ager publicus, ce«,s«.s, annona, capUatio, arariuin; — 6" Serrigny, Droit public et administratif des Romains, 2 volumes; 7° Fustel de Ojulanges, Institutions de l'ancienne France; — 8" Cagnat, Xaquet, Les impôts indirects à Rome; — 9° Dureau de La Malle, Economie politique lies Romains; — Humbert, Les finances chez les Romains; — Bouchard, Les finances de l'empire romain. On trouve dans le Ii\fre de M. Humbert une bibliogiaphie très complète. Parmi ces divers ouvrages, aucun n'a l'autorité complète de Ba;ckh;le plus utile, surtout pour l'Empire, est celui de M. Scrrignj-; mais pour l'Empire romain on ixtssède des textes officiels fort rares pour Athènes et la Orèce.

(2) Moatesquieu, Esprit des tow, livre XI, chap. xiv et xix.

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