LES PROLÉTAIRES
a publicus en Sicile, en Achaïe, en Lycie , en Pamphylie , en « Afrique. Il se divisait en catégories diverses, dont les trois « principales étaient les champs cultivés, les forêts servant aux « pâturages, les mines (Ij. »
Par suite, le domaine s'accrut successivement et rapidement avec la défaite et la ruine de tous les petits peuples qui entouraient Rome, puis avec celles des Samnites, des Campaniens, des Grecs, des Cisalpins. Les usurpations continuèrent et avec elles se développèrent les grandes terres sénatoriales . Les luttes et les lois agraires n'ont pas eu d'autre cause. Les usurpations de la terre par les grands propriétaires romains se sont renouvelées à la fin de l'Empire romain et pendant toute l'époque féodale et, en Angleterre , au xviii^ siècle. Ces usurpations forment l'un des chapitres les plus curieux de l'histoire de Rome. Elles ont été l'une des causes des conquêtes du peuple romain, de même qu'en Angleterre elles expliquent, en partie, les immenses colonisations de l'Angleterre. Les aristocraties rurales font les grandes races, les démocraties rurales les réduisent en poussière (2).
Aussi les lois agraires n'enrayèrent pas le mouvement. La perpétuité de la guerre accablait les petits propriétaires romains; elle les contraignait à vendre leurs propriétés; ceux qui résistaient étaient forcés de se retirer par la baisse du prix des céréales et la conversion des terres à blé de l'Italie en prairies. La baisse des céréales était provoquée par l'augmentation de la production en Sicile, en Afrique, en Sardaigne et par l'apport sur les marchés des blés que les peuples vaincus devaient livrer gratuitement ou au-dessous du prix de revient, à titre de tribut. Les petits propriétaires, si nombreux en Italie, ne purent lutter longtemps. Ils devinrent des prolétaires, mais impuissants devant la force et l'extension de l'Empire. Alors commença la longue décadence de l'Italie, ruinée par le peuple romain; cette déca-
(1) Duruy, 1" vol., chap. m, § 3 ; chap. ix. § 2 ; 2'' vol., pages 47, 53, 55. Le Sénat permit aux fermiers des biens domaniaux de ne pas payer les dimes et de convertir ainsi des terres publiques en terres privées.
(2) Sur le domaine et les lois agraires Humbert, 1^'' vol., 28, 95 , 204, 275. — Article, Ager publicus , DM. Daremberg, et Marquardt, 310.