CONQUÊTE DE LA BRETAGJSE PAR LES ANGLO-SAXONS
renl dans une époque de grande prospérité', prospérité qui n'a pas été étrangère aux invasions des Anglais aux xiv« et xv"^ siècles.
Guillaume le Conquérant importa en Angleterre les idées, les traditions, les institutions des Normands de France. Et depuis, la Normandie et la partie méridionale de l'Angleterre, notamment le Kent, ont conservé une sorte de similitude d'aspect et des relations suivies. Cette conquête eut le même caractère politique et social que l'occupation de la Normandie, avec plus de ménagements, à raison de l'étendue du territoire et de la communauté d'origine des Normands, Danois et Anglo-Saxons. Les vaincus furent dépossédés de la propriété du sol et ils devinrent des tenanciers payant la rente, mais non le tribut. C'est à eux que remonte la classe si estimée des fermiers anglais, les yeomen, composant la yeomanry.
II. Les Anglo-Saxons. — Ils sont l'exemple, par excellence, des Confédérations de nomades ou demi-nomades que les circonstances ont servis et qui, grâce à une rapide et complète transformation en peuplades sédentaires, se sont élevés à une haute destinée. L'une de ces Confédérations, les Angles, habitait le Jutland. Elle doit être comptée parmi les tribus Scandinaves. Les Saxons étaient Germains. Tacite mentionne les Angles, ainsi que Ptolémée (1). C'est donc une ancienne Confédération. Elle a eu l'honneur de donner son nom à l'une des nations qui ont joué le rôle le plus considérable, à notre avis providentiel, dans le développement de la civilisation et le renouvellement des forces de l'humanité. Nous plaçons ces Confédérations parmi celles appartenant à la race Scandinave à cause, soit de l'importance exceptionnelle de la destinée et du nom des Angles, soit de l'immense influence que les Danois et les Normands (Angles, Danes et Norses, tous Northmen, hommes du Nord), ont eue sur la formation du peuple anglais. Trois éléments ont concouru à celte formation l'élément celtique, l'élément germanique, l'élément Scandinave. Ce dernier élément a été comme le levain ([ui a dominé l'ensemble et présidé à leur transformation. En outre, à côté
(1) Ptolémée, Ibidem, liv. XI, chai), xi. — Tacite, De Moribiuf, 40.